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Les syndicats invitent Sánchez et Iglesias à « se parler » pour rendre possible le « changement »

Publié le par Daniel Sario

Le leader du PSOE Pedro Sanchez a rencontre les responsables syndicaux Toxo et Mendez des Commissions ouvrières et de l'UGT
Le leader du PSOE Pedro Sanchez a rencontre les responsables syndicaux Toxo et Mendez des Commissions ouvrières et de l'UGT
  • « Il est logique qu’ils se mettent d’accord, mais pour çà il faut commencer à parler», dit Ignacio Fernández Toxo après avoir rencontré le candidat socialiste.
  • « 15 millions de personnes ont demandé le changement. Les forces du changement devraient rechercher un accord et en tirer les conséquences » déclare Cándido Méndez

Les syndicats UGT et Commissions ouvrières (CCOO) demandent au PSOE et à Podemos qu’ils s’assoient pour parler et tenter d’aboutir ensuite à un gouvernement de changement qui, à leur avis, est ce que leur ont commandé les citoyens dans les urnes. Les leaders des deux principales organisations de travailleurs ont livré ce message après leur rencontre avec Pedro Sánchez au siège du parlement et un jour après cet entretien avec le secrétaire général de Podemos. « Ils doivent parler », a déclaré Ignacio Fernández Toxo, le premier responsable des CCOO.

Les dirigeants syndicaux ont indiqué que se serait « mauvais pour l’Espagne » que se répètent les élections dans un moment de récession. Ils soutiennent en outre que ni Podemos, ni les socialistes ne souhaitent un tel scénario. C’est leur conviction après les réunions tenues avec les leaders des deux partis. « 15 millions de personnes ont demandé le changement. Les forces du changement devraient rechercher un accord et en tirer les conséquences », a insisté Cándido Méndez, le secrétaire général de l’UGT, en référence au PSOE, Podemos et Ciudadanos. A leur avis, « il serait difficile d’expliquer » qu’on procède à de nouvelles élections après qu’il y ait eu un virage « ouvert » vers le centre gauche.

Toxo y Méndez jugent "relativement simple" l’accord PSOE et Podemos

« Ils ont la tâche simplifiée pour arriver à un accord –a souligné le leader de CCOO-. Il y a un programme de gouvernement et quelques déclarations du leader de Podemos dans lesquelles il est dit qu’il y a des coïncidences. S’il y a autant de coïncidences, la logique c’est qu’ils se mettent d’accord. Mais pour cela il faut parler », a réitéré Toxo. Les représentants des travailleurs ont indiqué que la proposition présentée par le PSOE aux autres formations pour essayer de recevoir leur appui à l’investiture de Sánchez est une « bonne base », c’est-à-dire « un bon point de départ » pour la formation d’un Gouvernement progressiste, ont-ils expliqué lors de leur conférence de presse.

Cela dit, ils ont cependant signalé quelques divergences sur le document présenté par les socialistes. Le leader de l’UGT a exprimé l’avis que certaines propositions pourraient se voir « dans une optique plus ambitieuse ». La principale critique des syndicats concerne la proposition du PSOE de négocier avec Bruxelles que l’exécution du déficit public de 1% soit reportée en 2019. Pour eux ce n’est « pas réaliste » et les socialistes devraient tenter de négocier « une meilleure flexibilité », c’est-à-dire davantage de temps.

Les organisations des travailleurs défendent que la priorité doit être donnée à l’emploi et à la satisfaction des besoins sociaux, et, à partir de là, réduire le déficit public, parce qu’ils croient p&s que si on ne s’assujetti pas aux objectifs qu’impose la Commission européenne il est impossible d’atteindre le 1% en 2019, comme l’a proposé Sanchez.

Ils ont aussi manifesté leur divergence par rapport à l’IRPF ( Impuesto sobre la renta de las personas físicas – impôt sur le revenu des particuliers ) que le PSOE ne s’engage pas à toucher. Méndez a défendu qu’il fallait modifier cet impôt parce que « la charge fiscale retombe en grande partie sur les travailleurs ». Ils ont aussi demandé « plus de rythme » dans l’augmentation du salaire minimum interprofessionnel. Le PSOE prétend l’augmenter à 1.000 euros (le 60% du salaire moyen) en huit ans.

Par rapport à la réforme du travail, ils apprécient la suppression de celle qu’impose le Parti Populaire ainsi que la négociation d’un nouvel accord entre syndicats et patronat. Cela dit, Toxo a clairement laissé entendre que les travailleurs étaient « disposés à en discuter mais que d’ores et déjà la liberté de licencier doit cesser ». Les syndicats ne veulent tracer « un trait » sur le retrait de la réforme pourvu que celui-ci débouche sur la « récupération des droits ».

Le patronal demande un audit sur le coût des mesures

Sánchez s’est aussi réuni avec les représentants patronaux de CEOE (c’est l’équivalent du MEDEF en France ) et Cepyme ( Confédératuin des Petites et moyennes entreprises), lesquels ont montré leur préoccupation concernant les « incohérences » du programme qu’a présenté le PSOE. Selon Joan Rosell et Antonio Garamendi, le document des socialistes suppose un accroissement des dépenses publiques, et « avant de parler de plus de dépenses il faut voir ce que peut mieux gérer pour réduire les coûts . C’est considérablement important, car au final les chiffres doivent cadrer, parce qu’il convient de baisser le déficit et commencer à réduire la dette » a averti, sans surprise, Rosell, le représentant du CECO. Le patronat soutient que le programme de Sánchez est « plein de bonnes intentions » mais juge nécessaire de « mieux concrétiser ce qui peut se faire et le timing nécessaire » pour l’exécuter. En plus, Rosell a défendu qu’il « n’est pas opportun » d’augmenter les impôts parce que cela serait « préjudiciable » à la reprise économique.

De quel côté penchera l’aiguille de la balance ? Comme les organisations syndicales, on attend que Sanchez et Iglesias commencent par se parler..

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