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Espagne : le centre-droit sortirait renforcé de nouvelles élections

Publié le par Daniel Sario

Espagne : le centre-droit sortirait renforcé de nouvelles élections
  • Ciudadanos gagnerait 20 sièges, dépasserait Podemos et frôlerait la majorité absolue avec le Partido Popular.
  • Pedro Sánchez maintiendrait son résultat du 20 décembre tandis que Pablo Iglesias perdrait de l'élan au bénéfice d'Izquierda Unida

Par Jose Rico | El Periodico | Barcelone | traduction Daniel Sario

L'absence d'harmonie qu'a montré la gauche au cours des négociations endiablées pour l'investiture pourrait s'avérer très chère si, au final, le 26 juin, il fallait revoter. Les forces de centre-droit, Partido Popular et Ciudadanos, seraient es principales bénéficiaires d'un nouveau rendez-vous avec les urnes, à tel point qu'ensemble elles pourraient caresser la majorité absolue.

Selon le Baromètre Politique d'Espagne du cabinet d'Etudes sociales et d'Opinion publique (GESOP) pour le quotidien global de Catalogne EL PERIÓDICO, le parti d'Albert Rivera gagnerait jusqu'à 20 sièges, quitte à erroder un peu plus celui de Mariano Rajoy, et pourrait dépasser Podemos comme troisième force politique.

Partido Popular et Ciudadanos pourrait grimper jusqu'à 172 députés, à quatre sièges seulement de la majorité absolue (176). A l'aile gauche, le PSOE de Pedro Sánchez maintiendrait son discret registre du 20 décembre, alors que les troupes de Pablo Iglesias paieraient la facture de leurs "líneas rojas" (intransigeances) et perdraient une dizaine de sièges qui viendraient orner, surtout, la gibetière d'Izquierda Unida (IU).

La tentative manquée de Sánchez pour l'investiture présidentielle a remué les pièces sur l'échiquier politique. Si, avant le débat, Podemos se la promettaient très réjouissante avec la conviction qu'ils sortiraient renforcés d'un nouveau scrutin, leur tactique négociatrice, le pacte entre les socialistes et Ciudadanos et la stratégie de Rivera de s'acharner sur eux avec Rajoy a renversé les rôles.

L'enquête effectuée à partir de 1000 personnes interrogées au cours des quatre jours qui ont suivi la session d'investiture, situe le parti Orange comme le grand triomphateur de nouvelles élections qui seraient cependant remportées par le PP. Après avoir décliné l'investiture et dans le cas où il se représenterait comme candidat, Rajoy obtiendrait une victoire encore plus rachitique que celle du 20 décembre : 26,4% des votes (deux points de moins) et entre 107 et 110 députés (il en a 123 actuellement). Un dixième des électeurs qui votèrent PP en décembre choisirait désormais le bulletin de Ciudadanos.

Les blocs

Rivera parviendrait aussi à un pourcentage similaire de votants que le PSOE, ce qui lui permettrait de sauter de quarante parlementaires actuelement à une fourchette comprise entre 59 et 62, obtenant quatre points de plus en estimation de vote. Ainsi, le PP et Ciudadanos cumuleraient entre 166 et 172 sièges contre 163 aujourd'hui, ce qui leur laisserait les choses plus faciles pour atteindre l'investiture. .

De fait, et bien que la photographie que montre le GESOP réclame toujours l'obligation de rechercher des accords entre plus de deux forces politiques, la balance entre les gauches et les droites s'incline un peu plus en faveur de ces dernières, alors que le bloc progressiste cumulerait, dans la meilleure fourchette possible, 161 députés. Sánchez tirerait à peine les intérêts de son pacte avec Rivera et obtiendrait entre 88 et 91 représentants contre 90 actuellement, avec le même pourcentage de votants que le 20 décembre (21,9%).

Le grand transvasement de voix pour la gauche se produirait entre Podemos et Izquierda Unida (IU). Iglesias obtiendrait 18,1% des suffrages (deux points et demi de moins) et entre 58 et 61 députés (69 actuellement). Un électeur "Violet" sur dix (couleur de Podemos) émigrerait maintenant vers les lieux de pêche d'Alberto Garzon, qui, avec 5,9% des bulletins (deux points et demi de plus) récupèrerait un groupe parlementaire propre en passant de ses deux sièges actuels à une fourchette de 7 à 9.

Fidélité de vote

En moins de trois mois, Izquierda Unida est passée du record de fidélité de vote la plus basse à la plus haute enregistrée, au-dessus de 82% (voir tableau ci-dessous). L'électorat punit ainsi la stratégie d'Iglesias de revendiquer ministères et honoraires dans le futur gouvernement et récompense celle de Garzón, qui a davantage souligné la nécessité de convenir d'un programme commun. De fait, un cinquième des électeurs du PSOE et de Podemosse opteraient désormais pour d'autres formations.

La majorité des espagnols (68,1%) préfèrent qu'il n'y ait pas de nouvelles élections, même si la majorité également (72,9%) croient qu'au final il faudra retourner voter face à la tournure que sont en train de prendre les négociations. Et deux sur trois personnes interrogées tiennent pour établi que, dans le cas d'un nouveau scrutin, le PP sera à nouveau le vainqueur.

En Catalogne la droite libérale indépendantiste continue de chuter

En ce qui concerne la Catalogne, le mouvement le plus significatif que reflète l'enquête c'est que Democràcia i Llibertat, l'étiquette de Convergence Démocratique de Catalogne, n'a pas encore touché le fond mais passerait de 8 à 6 ou 7 sièges. Par contre, ERC (Gauche républicaine de Catalogne) se maintient en bonne forme et pourrait renouveller ses 9 députés actuels ou même en ajouter un dixième mantiene. En intention directe de vote (le vote sans "cuisine") En Comú Podem reste en tête devant le Parti Socialiste Catalan y Ciutadanos (1)

Note :

1; En Catalogne, Izquierda Unida fait partie de En Comù Podem.
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