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Le respect du travail salarié doit être inscrit dans la Constitution avec un code du travail plus fort

Publié le par Daniel Sario

Le respect du travail salarié doit être inscrit dans la Constitution avec un code du travail plus fort

Dans les eaux troubles de la loi El Khomri, la CGT préfère nager à contresens. Hier, lors d'une conférence de presse au siège de la confédération, quelques heures avant le déferlement de manifestants, ses représentants ont rappelé leur vision de la société. "Il faut bâtir un Code du travail plus fort pour les salariés" interpelle d'emblée Fabrice Angei, membre du bureau confédéral. Au lieu de l'avalanche de déréglementations inscrites dans ce projet gouvernemental, le syndicat propose de graver dans la Constitution le "principe de faveur", soit le fait que la convention et l'accord collectif ne puissent être inférieurs à la loi.

Le CGT souhaite aussi rétablir la conception de négociation collective et abaisser le temps de travail à 32 heures, tout en consolidant le rôle des instances représentatives du personnel (IRP). "Etre à contre-courant du Medef et du prix Nobel d'économie ne jous gêne pas! explique avec malice Philippe Martinez, secrétaire général du syndicat. Je ne sais pas s'ils ont la même connaissance du monde du travail que nous..."

Un nouveau statut du travail salarié

Depuis des années, le syndicat cultive ses revendications avec, au centre, le nouveau statut du travail salarié, soit le rattachement d'un ensemble de droits à la personne plutôt qu'à l'employeur. Certaines expérimentations ont déjà germé. Fabrice Angei évoque la création d'"un CDI temps plein de formation en Bretagne. Cette idée a permis à une trentaine de salariés saisonniers de signer unn CDI en alternant six mois de travail dans le tourisme avec six mois de formation". Une centaine de personnes pourraient bientôt entrer dans ce dispositif.

A l'heure de l'austérité généralisée en Europe, des politiques qui morcellent le marché du travail, les propositions de la CGT sont loin de dénoter. "Nous voyons ce qui se passe en Italie, en Espagne, en Allemagne, qui ont connu une évolution du Code du travail, cela nous laisse mesurer les dangers, note Philippe Martinez. Au sein de la Confédération européenne des syndicats (CES), nous portons tous des revendications de baisse du temps de travail et de hausse des salaires!"

Au-delà du contre-projet, la lutte contre la loi travail passera aussi par l'unité d'action. "La CGT a été à l'initiative de l'intersyndicale et continue à discuter avec toutes les organisations de salariés, glisse le secrétaire général. Je constate d'aulleurs que la position de la CFDT a évolué, ils sont pour retirer la barémisation d'indemnisation aux prud'hommes".

Des solutions pour mieux protéger les plus fragiles

Entre cette loi et la négociation sur l'assurance chômage entamée depuis quinze jours, les dangers guettant les travailleurs se multiplient. "Je fais le joint entre les deux. Si on peut licencier plus facilement les gens, cela aura un impact sur les comptes de l'assurance chômage", constate Eric Aubin, conseiller confédéral en charge des questions d'emploi. Là encore, la CGT a formulé des solutions pour mieux protéger les plus fragiles : taxer la précarité en modulant à la hausse les cotisations sur les contrats courts, allonger la durée d'indemnisation chômeurs, déplafonner les cotisations et les indemnités... Rien d'utopique.

"En Espagne, la durée d'indemnisation des seniors est de 72 ans", souligne Eric Aubin. En attendant, dans le cadre de la négociation sur l'assurance chômage, le Medef espère toujours réaliser des économies sur le dos des intermittents. Pour Denis Gravouil, secrétaire de la CGT spectacle : "Si le patronat maintient ses propositions en plus de la loi El Khomri, l'été s'annonce compliqué!" La bataille se jouera en plusieurs actes.

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