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Sánchez et Iglesias cherchent un rapprochement malgré la méfiance

Publié le par Daniel Sario

Rencontre de Pedro Sanchez et Pablo Iglesias lors de la commémoration des attentats du 11 mars 2004 à Madrid
Rencontre de Pedro Sanchez et Pablo Iglesias lors de la commémoration des attentats du 11 mars 2004 à Madrid

Les leaders du PSOE et de Podemos se réuniront cette semaine pour explorer la possibilité d'un pacte qui évite de nouvelles élections. Le parti "Violet" souhaite que le responsable socialiste abandonne l'accord avec Ciudadanos et conclu un pacte avec Izquierda Unida et Compromis

Par Iolanda Mármol et Juan Ruiz Sierra | El Periodico de Barcelone | traduction Daniel Sario

Pedro Sánchez y Pablo Iglesias se réuniront à nouveau cette semaine, sans date fixée pour le moment, mais les positions de chacun persistent à être inconciliables. Podemos demande aux socialistes d'abjurer leur pacte avec Ciudadanos et d'envisager un gouvernement de coalition dans lequel son secrétaire général devrait, évidemment, occuper la vice-présidence.

Le leader du PSOE s'est montré en quelques occasions disposé à étudier un exécutif de ce type, mais à la direction de son parti on considère que la proposition des "Violets" est très difficile à porter jusqu'au bout. L'alliance avec Albert Rivera sera maintenue quoiqu'il arrive , insiste-t-on chez les dirigeants socialistes, et Iglesias doit s'ajouter à celle-ci, car, dans le cas contraire, ce serait "tout bénéfice pour le Parti Populaire". Pourtant, dans le même temps, l'entourage de Sánchez reconnaît que l'appui de Podemos à une alliance avec Ciudadanos est presque impossible. Son pari c'est qu' Iglesias accepte de s'abstenir dans l'hypothèse d'une nouvelle investiture de Sánchez, après l'échec d'il y a quinze jours.

Les deux parties, cependant, convergent sur le fait que la réunion inminente de leurs leaders ne peut déboucher sur un autre désaccord public. "Si on ne prépare pas le terrain avant, la réunion n'a pas de sens" indique un membre de l'équipe négociatrice du PSOE, qui cherche à sonder Podemos pour s'accorder sur les modalités du rendez-vous.

Les effets de la crise interne à Podemos

Mais la crise interne que vit la force dirigée par Iglesias, lequel a démis, mercredi dernier, Sergio Pascual, du poste de secrétaire à l'organisation fait que le PSOE aborde cette réunion avec pessimisme. Le coup de main du secrétaire général est considéré, côté socialiste, comme un nouveau symptome que Podemos ne veut pas d'accord. L'analyse qu'ils font c'est que Pascual était un dirigeant très proche du numéro 2 du parti "Violet", Íñigo Errejón, lequel est dépeint comme plus propice à une entente, et avec sa sortie, la tendance "la plus inmobiliste", proche d'Iglesias, a gagné la bataille pour le pouvoir. Errejón a été jusqu'à maintenant l'interlocuteur du PSOE et les contacts avec le porte-parole au Parlement des députés, Antonio Hernando, étaient fluides. "Maintenant nous ne savons pas si ce fil continu d'être valable" explique-t-on à la Commission de négociation des socialistes.

La version de Podemos est radicalement différente. Les récentes convulsions organiques n'ont pas changé la position relative à l'accord avec le PSOE car les différences n'affectent pas tant les pactes pour éviter des élections que l'organisation et l'identité du parti, argumentent certaines sources chez les violets, Et ce ne pas tous les dirigeants "errejonistas" qui veulent s'abstenir pour permettre à Sánchez de gouverner, ni que des "pablistas" qui recherchent de nouvelles élections.

Avec le parti en pleine purge, le dernier intérêt de Podemos consiste à s'inscrire dans un nouveau processus électoral. Et moins encore aujourd'hui, alors que les cinq campagnes électorales qu'ils ont affrontées furent toutes dirigées par Errejón. Il serait donc incongru qu'Iglesias, qui envisage de prendre le contrôle total de l'organisation, veuille déclencher un retour aux urnes dont une grande partie du poids retomberait sur son numéro 2, lequel continue d'exercer le secrétariat politique. " Sur la position concernant les négociations il n'y a pas de différences entre nous" maintiennent les deux factions.

Changer de ton

Iglesias veut sortir de la rencontre avec Sánchez sur un message positif. Sérieusement affecté par la crise interne que vit Podemos, le leader des Violets envisage de mettre l'accent sur les négociations.Son intention est de transmettre à Sánchez la nécéssité d'un gouvernement de coalition “a la valenciana”, en référence à l'accord signé entre le PSOE et Compromís, celui qui permet à Ximo Puig d'exercer la présidence de la Generalitat valenciana et à la leader de la colalition des gauches, Mònica Oltra, la vice-présidence.

Le leader de Podemos, qui est publiquement toujours reconnaissant à Mònica Oltra de lui prodiguer ses conseils sur la façon d'aborder les négociations, est disposé à discuter sur la répartition des sièges ministériels, mais tout en refusant de céder sur une vice-présidence qu'il considère comme lui revenant sur la base de la différence des votes du 20 décembre qui est de 300 000 suffrages seulement, entre le PSOE et le parti violet. S'il suit les suggestions de la chef de Compromis, il poussera la négociation jusqu'au dernier moment en essayant de tirer le meilleur rendement possible de la pression exercée par le calendrier politique. Le 3 mai, s'il n'y a toujours pas de président, les Cortes devront se dissoudre et de nouvelles élections seront convoquées.

Les collaborateurs d'Iglesias souhaitent qu'à leur rendez-vous, Sánchez soit clair et indique s'il est prêt à un gouvernement de coalition comme ils le lui proposèrent en janvier, intégrant le PSO, Podemos, Compromis et Izquierda Unida. Ils craignent cependant que le secrétaire général du parti socialiste ne les entraîne vers des négociations avec Ciudadanos pour "les amener" à s'abstenir. Ils pensent, et en cela des sources de l'entourage de Sánchez leur donnent raison, que le PSOE a déjà commencé à travailler vers cette direction, en mettant la pression sur Izquierda Unida et Compromis pour qu'ils permettent l'investiture. Ils insistent sur le fait qu'Iglesias ne baissera jamais les bras et donc que l'abstention de Podemos est impossible.

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