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Debouts nuits et jours contre la loi travail

Publié le par Daniel Sario

700 personnes à Béziers (Photo AM), 3500 à Montpellier et 400 à Sète.
700 personnes à Béziers (Photo AM), 3500 à Montpellier et 400 à Sète.

Au moins 200 manifestations ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes ce samedi en France pour obtenir le retrait du projet de réforme du Code du travail. L'intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL et FIDL, a déjà prévu de nouvelles actions le 28 avril. Le mouvement citoyen Nuit Debout a essaimé samedi soir dans près de 60 villes.


Après les rassemblements du 31 mars, les cortèges de samedi ont rassemblé près de 200 000 personnes pour le retrait du projet de loi El Khomri dans tout le pays (120 000 personnes selon le ministère de l'Intérieur) : 110 000 personnes ont défilé à Paris, 4 000 à Rennes dont beaucoup de jeunes, à Toulouse, ils étaient 12 000, 8000 à Grenoble 8 000 à Lyon, 10 000 à Bordeaux, 45 000 à Marseille. Des heurts ont opposé des manifestants aux forces de l'ordre samedi à Nantes, à l'occasion d'une nouvelle mobilisation contre la loi travail qui rassemblait, dans une ambiance très tendue, 2 600 personnes selon la préfecture, 15 000 selon la CGT, et au cours de laquelle des journalistes ont été pris à partie. En marge des manifestations, de violents incidents ont éclaté lorsque des groupes de personnes aux visages masqués s'en sont pris aux forces de l'ordre à Rennes ou à Paris.

Pour la CGT, « cette nouvelle journée de mobilisation, la première un samedi, depuis le début de la bataille pour le retrait du projet de loi travail, se situe en pleine période de congés scolaires. Néanmoins, le nombre de manifestations recensées, plus de 200 montre que la détermination ne faiblit pas. Ce samedi 9 avril aura permis à des milliers de citoyens et de salariés n’ayant pu se mobiliser jusque-là, de s’inscrire dans le mouvement pour le retrait de la loi et pour un code du travail du 21ème siècle. Nul doute que la prochaine journée nationale d’action et de grève interprofessionnelle du 28 avril sera un nouveau temps fort. » « Je dis solennellement au gouvernement : commencez bien à réfléchir » , a déclaré sur France Info le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. « Nous nous inscrivons dans la durée. » « Ce qu'a réveillé la loi, c'est le refus de la précarisation et du bizutage social » , a déclaré le président de l'Unef, William Martinet. Le secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent, a mis en garde le gouvernement dans Le Parisien de samedi, l'exhortant à retirer son projet. « Avant qu'il ne soit trop tard pour lui, le gouvernement ferait bien d'écouter ce qui se dit dans les rues » , a-t-il dit.

La commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale a modifié le projet pour tenter d'amadouer l'opposition à la fois des syndicats et des petites et moyennes entreprises.
Mais les opposants continuent à exiger le retrait du projet et le mouvement "Nuit debout" essaime au-delà de la place de la République à Paris, où il est installé depuis le 31 mars, dans de grandes villes de province. Après les consultations de mercredi entre les organisations de jeunesse et les ministres du Travail, de l'Education nationale et de la Jeunesse, le gouvernement prépare des propositions qui doivent être dévoilées lundi par Manuel Valls à l'occasion d'une nouvelle réunion, cette fois à Matignon. D'ici à l'ouverture des débats le 3 mai à l'Assemblée nationale, une nouvelle mobilisation contre la réforme du code du travail est prévue le 28 avril.

Nuit debout dans près de 60 villes

« Quelque chose est en train de se lever » , a lancé à Paris face à la foule l'économiste Frédéric Lordon Place de la République à Paris, où le mouvement est né le 31 mars. Après avoir manifesté dans la journée, Gérard, 62 ans, intéressé par « ces types de mouvements citoyens, qui se font en dehors des partis » , a rejoint la cinquième "Nuit debout" à Nantes et ses quelque 300 participants, ses barnums, ses banderoles, ses prises de parole, ses commissions "Education", "Démocratie", "Sémantique /dictionnaire debout". A Reims, c'était une première. « Occuper la place de nuit, c'est aller contre le couvre-feu intellectuel. C'est aussi le seul temps restant dans nos vie modernes pour parler des problèmes de notre société. Et rester debout, c'est ne pas demeurer assis, courbé, prostré » , fait observer Antoine Farcette, 23 ans, étudiant en droit. A Tulle, en Corrèze, une centaine de personnes se sont rassemblées à l'endroit même du premier discours de François Hollande en tant que président de la République. « J'étais là le 6 mai 2012, ce n'est pas pour la politique qu'il mène qu'on a élu François Hollande » , explique Stéphanie, une quadragénaire venue participer aux débats. A Toulouse, les "Nuit Debout" se sont retrouvées sur la place du Capitole, tandis qu'à Marseille, le mot d'ordre était de ne pas rentrer chez soi et de « faire tourner le micro » au sein de ce mouvement qui s'assume sans leader. En fin de soirée à Paris, plusieurs centaines de personnes ont décidé d'aller « prendre l'apéro chez Valls » , convergeant vers le domicile parisien du Premier ministre, actuellement en visite officielle en Algérie, avant d'être bloquées par les forces de l'ordre qui ont utilisé des gaz lacrymogènes.

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