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Le binôme EELV-Front de gauche en tête au Mans

Publié le par Daniel Sario

Dimanche, Elen Debost et Gilles Leproust ont obtenu 28,18 % des voix.   Photo : Alexis Braud
Dimanche, Elen Debost et Gilles Leproust ont obtenu 28,18 % des voix. Photo : Alexis Braud

Le tandem EELV-Front de gauche est arrivé en tête dimanche dansle canton du Mans 7, sur fond de mobilisation sociale. Il devance un duo 100 % socialiste, comptable de la politique du gouvernement.

Par Grégory Marin

Le second tour de l’élection départementale partielle du canton du Mans 7 (Sarthe), annulée en mars dernier à cause d’irrégularités relevées dans plusieurs bureaux de vote, verra s’affronter un binôme EELV-Front de gauche (1), arrivé en tête au premier tour dimanche, et un autre 100 % socialiste. Le premier ministre, Manuel Valls, l’a bien dit en février dernier, devant les militants socialistes de l’Essonne, à propos d’une éventuelle primaire : il existe bien des « positions irréconciliables à gauche ». La première s’incarne dans le mouvement social, la seconde à Matignon et l’Élysée.

Les électeurs ne s’y sont pas trompés, même si trop peu d’entre eux se sont mobilisés (à peine plus d’un électeur sur quatre, soit 4 605 sur 17 895 inscrits) : en plaçant l’écologiste Elen Debost et le communiste Gilles Leproust en tête du scrutin (1 257 voix, soit 28,18 % des suffrages) devant le tandem socialiste Sylvie Tolmont et Paul Létard (1 184 voix, 26,54 %), c’est un relais local de la politique gouvernementale qu’ils ont sanctionné.

Sylvie Tolmont s’acharne à défendrela politique gouvernementale

Sylvie Tolmont est depuis 2012 la députée de la 4e circonscription de la Sarthe. Suppléante de Stéphane Le Foll, nommé ministre de l’Agriculture en juillet 2012, elle a dès son arrivée au palais Bourbon mis de l’acharnement à défendre la politique de l’exécutif. Début 2013, en plein débat sur la loi dite « sécurisation de l’emploi », qui conditionnait des promesses avancées à de réels reculs sociaux (augmentation du temps de travail et baisse de salaire en cas de moindre activité, conditions de licenciement assouplies et d’accès à la justice prud’homale durcies...), la députée avait reçu au siège du Parti socialiste du Mans une délégation CGT à l’issue d’une manifestation. Rapporté dans une vidéo du Maine libre, l’échange est tendu, les syndicalistes accusant la députée de se préparer à « voter une loi (qu’elle) ne connaît pas ». Elle la votera en avril sans ciller. Comme la déchéance de nationalité, un an plus tard.

Changement radical dans l’expression du duo Debost-Leproust. En janvier, sur la radio locale du Mans, Alpa, l’adjointe écologiste à la mairie, après avoir plaidé pour le « partage de richesses », poussait « un soupir de désespoir face au manque d’imagination, de vision de nos politiques. Un peu plus de ce qui n’a pas marché ne marchera pas mieux ». D’où une mobilisation commune contre la loi travail. Leur résultat, estime d’ailleurs Gilles Leproust, est « le prolongement politique de cette action », devant les écoles, les centres sociaux, au porte-à-porte... Et de son engagement à la tête de la municipalité d’Allonnes, qui prend des arrêtés anti-coupures d’électricité, mène bataille contre la fermeture de la poste... Une « belle campagne de terrain » saluée nationalement par Europe Écologie-les Verts, pour qui les scores réalisés dimanche « font mentir celles et ceux qui théorisent l’absence d’une alternative écologiste et sociale à la politique du gouvernement ». Preuve que « ni le balancier électoral vers la droite ni la progression du Front national ne sont inexorables ».

Déjà en 2015, devant la caporalisation du débat politique, Gilles Leproust prenait le pari de « faire entrer pour la première fois l’écologie au sein du conseil général de la Sarthe ». Une traduction de la « convergence des idées » à portée de bulletin ? Pour le savoir, rendez-vous le 12 juin.

(1) Soutenu par le PCF, Parti de gauche, Ensemble, Nouvelle Donne, le Parti pirate.

Dans l’ain, le PS est éliminé. La législative partielle de la 3e circonscription de l’Ain verra s’affronter au second tour la candidate LR Stéphanie Pernod Beaudon (28,3 %) et le FN Gaëtan Noblet (16,7 %). Avec seulement 13,2 %,le candidat socialiste Denis Linglin est éliminé. Le Front de gauche Jean-Sébastien Bloch totalise 5,4 % des voix.

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