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Les désormais "27" veulent rapidement pousser Londres vers la sortie

Publié le par Daniel Sario

Les désormais "27" veulent rapidement pousser Londres vers la sortie

Sommet informel à 27 mardi à Bruxelles, sans David Cameron. Les Européens veulent des négociations rapides et expulser le Royaume-Uni rapidement pour éviter l’effet domino.

Par Renaud Honoré (avec Gabriel Grésillon)

« Aujourd'hui, au nom des 27 leaders de l'Union européenne » : cette formule à laquelle les Européens ont refusé de croire jusqu'au dernier moment, Donald Tusk l'a prononcé ce vendredi matin. L'Union à Vingt-huit n'est plus depuis quelques heures et le succès du Brexit dans les urnes britanniques , mais le président du Conseil européen (l'instance des chefs d'Etat et de gouvernement) a cherché à rassurer tant bien que mal en montrant qu'il y avait bien un pilote dans l'avion. « Je veux redire à tout le monde que nous sommes préparés à ce scénario », a expliqué le Polonais, ajoutant que c'était « un moment historique, mais pas un moment pour avoir une réaction hystérique ». Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe, a fait entendre la même musique, assurant que « l'Europe n'était pas en état de panique ».

Donald Tusk a en tout cas convoqué une réunion informelle à Vingt-Sept, sans David Cameron, en marge du prochain sommet européen qui doit se tenir mardi et mercredi à Bruxelles. Les réactions des divers leaders un peu partout sur le continent ne laissent pas trop de doute sur la réponse qui va être donnée au vote britannique : expulser le Royaume-Uni rapidement afin d'éviter l'effet domino. Comme souvent, c'est la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite qui a le mieux résumé sur Twitter le sentiment dominant, qui tient en 3 R : « Respect, regret, re-engage ». Réengagement donc des Vingt-Sept pour le projet européen, ce qui nécessite des « négociations rapides » avec Londres, comme l'a réclamé Martin Schulz, le président du Parlement européen, pour que l'Union ne soit pas paralysée pendant des années par cette seule question britannique.

Berlin n'est pas disposé à faire des cadeaux à Londres

Le problème est que David Cameron a annoncé ce vendredi matin à Londres qu'il laisserait à son successeur - sans doute pas désigné avant octobre - le soin d'activer le désormais fameux article 50, la base juridique qui permet de lancer la procédure de sortie d'un Etat de l'UE. Cela donnerait donc 4 moins d'incertitude supplémentaire, et cela semble intolérable à beaucoup de leaders européens. « J'attends du gouvernement actuel qu'il prenne immédiatement les mesures juridiques nécessaires », a tonné Manfred Weber, le chef de la droite européenne PPE au Parlement européen.

Celui-ci est réputé proche d'Angela Merkel, et sa sortie semble confirmer que l'Allemagne n'est pas décidée à faire des cadeaux à Londres. L'eurodéputé a ainsi ajouté que « l'Europe était ouverte à de nouveaux Etats membres, ceux qui veulent nous rejoindre sont les bienvenus ». Une façon claire de montrer que le risque de dislocation de la Grande-Bretagne après le référendum ne seraient pas forcément combattus par les voisins du Continent. Autre signe que les Européens sont prêts à faire payer à Londres le résultat de son référendum, Madrid n'a pas attendu que l'émotion autour des résultats du vote soit retombée pour remettre le dossier de Gibraltar sur la table. Le ministre des affaires étrangères espagnoles a ainsi proposé que l'enclave britannique soit sous souveraineté partagée entre l'Espagne et le Royaume-Uni « pendant une période limitée, qui débouche sur la restitution de Gibraltar ». Les négociations entre Londres et les Vingt-Sept autour du divorce puis de la future relation commerciale entre les deux parties s'annoncent d'ores et déjà compliquées.

Au moins, les Européens ne devraient-ils plus trop revoir David Cameron, dont la cote d'amour n'était pas très élevée à Bruxelles après 7 ans à critiquer constamment l'Union. C'est Gianni Pittella, le chef de la délégation socialiste au Parlement européen, qui s'est montré le plus cinglant après la décision du Premier ministre britannique de retarder l'activation de l'article 50 : « une fois de plus, Cameron ne se soucie que de l'intérêt de son parti mais pas de l'intérêt du peuple britannique ».

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