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De fait, le chômage ne cesse de progresser en France

Publié le par Daniel Sario

De fait, le chômage ne cesse de progresser en France
Le nombre de demandeurs d’emplois en catégorie A est en hausse de 1,4% en août, soit 50.200 inscrits de plus à Pôle emploi. Sous la présidence de François Hollande, le nombre de chômeurs en catégorie A a augmenté de 633.900 en 51 mois, soit une hausse moyenne mensuelle de 12.400 du nombre de personnes privées d’emploi. Avec le cumul des catégories A, B et C La France compte au 31 août 2016 quelques 1.170.000 demandeurs de plus qu’à la fin du mois de mai 2012. A la lumière de ces chiffres, continuer de dire que l’on va inverser la courbe du chômage d’ici avril 2017 devient indécent.

Par Gérard Le Puill | Mardi, 27 Septembre, 2016 | Humanite.fr

On connaît le slogan des néerlandais pour tenter de vendre leur gouda aux consommateurs français : la Hollande, l’autre pays du fromage. Si les galères que vivent les demandeurs d’emploi n’étaient aussi dramatiques, on pourrait oser cette parodie : François Hollande, l’autre pilier du chômage. De fait, le chômage ne cesse de progresser en France. Le nombre d’inscrit à Pôle emploi en catégorie A est en augmentation de 52.400 personnes pour le mois d’août 2016. Cela nous donne 3.556.000 personnes inscrites en catégorie A pour la France métropolitaine et 3.813.000 en ajoutant les départements et territoires d’outre mer. Il s’agit ici des personnes qui n’ont pas travaillé une seule heure en août. Leur nombre augmente de 2,3% chez les moins de 25 ans, de 1,3% chez les 25 à 49 ans, de 1,2% chez les plus de 50 ans. La ministre en charge du Travail a attribué ce mauvais chiffre au fait que le mois d’août comptait deux jours ouvrables de plus que le mois de juillet. Eh oui, il a suffit que ce mois le plus utilisé par les français pour prendre leurs vacances ait débuté un lundi pour qu’il ne compte que quatre dimanches alors que juillet en comptait cinq! Ca tient à peu de chose l’évolution des chiffres du chômage.

Les mises en formation dégonflent temporairement les statistiques du chômage. Mais redevenons sérieux. La situation est encore plus grave quant on ajoute aux chômeurs de catégorie A les demandeurs d’emploi classés dans les catégories B et C. Il s’agit de personnes qui arrivent à travailler quelques heures dans le mois dans des petits boulots précaires sans avoir assez d’heures pour être rayés des statistiques de Pôle emploi . Le cumul des trois catégories fait augmenter le nombre de demandeurs d’emploi de 80.600 sur un mois.
L’augmentation du nombre des demandeurs d’emplois serait encore plus élevée si l’augmentation des mises en stage ne venait pas dégonfler des demandeurs d’emplois des catégories A, B et C. Car les gens mis en formation basculent ainsi dans la catégorie D, celle qui n’entre pas dans le chiffre global des privés d’emploi. On sait qu’à l’approche de la prochaine élection présidentielle l’accent a été mis sur la formation avec un plan qui doit concerner 500.000 personnes d’ici la fin de l’année. Il ne s’agit pas ici de critiquer ou de contester le besoin permanent de formation. Mais il convient d’observer que ce plan a débouché sur 400.000 personnes mises en formation au premier semestre, soit une augmentation de 70% par rapport aux six premiers mois de 2015. Et la tendance doit s’accentuer au cours du second semestre.
Mais former des gens ne suffit pas quand les offres d’emplois se font rares tandis que les licenciements continuent un peu partout dans le pays. Rien ne prouve donc que les stages permettront aux stagiaires de trouver des emplois stables au terme de leur formation. De fait, ces mises en formation relèvent davantage d’une volonté de donner l’illusion que l’inversion de la courbe du chômage est en train de se produire en fin de quinquennat après avoir été promise pour la fin de l’année 2012, puis pour la fin de l’année suivante par le président de la République lui-même.

Avant même d’être élu, le 15 avril 2012, François Hollande déclarait au Journal du Dimanche : « le chômage n’est pas une fatalité. J’inverserai la courbe ». Dix jours plus tard, entre les deux tours, il ajoutait : « Le prochain mandat doit en effet permettre d’inverser la courbe. J’accepterai d’être jugé sur cette promesse ». Une fois élu, François Hollande a renouvelé cet engagement verbal à plusieurs reprises. Le 9 septembre 2012, il déclarait sur TF1 : «nous devons inverser la courbe du chômage d’ici un an ». Lors de ses vœux aux Français le 31 décembre de la même année, il se donnait un petit sursis en ces termes : « Toutes nos forces sont tendues vers un seul but : inverser la courbe du chômage d’ici un an. Nous devons y parvenir coûte que coûte ». Une déclaration réitérée le 28 mars 2013 sur France 2 en ces termes : « mon premier objectif, c’est d’inverser la courbe du chômage avant la fin de l’année », déclaration suivie d’un « je m’y tiens » lors d’une rencontre avec la presse le 16 mai de la même année, suivie d’un « on est tout prêt du but » sur TF1 en septembre.

Le bilan de Hollande : 1.170.900 chômeurs de plus en 51 mois. Au 31 mai 2012, la France métropolitaine comptait 2. 922.100 demandeurs d’emploi en catégorie A. Cinquante et un mois plus tard, elle en compte 3. 556.00, soit 633.900 chômeurs de plus. En mai 2012, le cumul du nombre de demandeurs d’emplois inscrits en catégories A, B et C était de 4. 347.100 personnes. En août 2016, il s’élève à 5.518.000, toujours en France métropolitaine. Dans ces trois catégories cumulées, le nombre total de demandeurs d’emplois a augmenté de 1.170.900 personnes dans la seule France métropolitaine en 51 mois et ce chiffre est un peu minoré par l’accélération des mises en formation en cette année préélectorale.
Précisons enfin qu’une inversion de la courbe du chômage définie comme le principal objectif du président de la République signifiait clairement qu’il nous promettait moins de chômeurs en 2017 qu’en 2012. Depuis longtemps déjà, cet objectif est devenu inatteignable pour François Hollande. Mais lui-même et certains courtisans, politique ou plumitifs, voudraient nous donner à penser qu’une légère décrue du nombre des demandeurs d’emplois dans les prochains mois suffirait à donner à penser que l’engagement pris par Hollande en 2012 aurait été finalement tenu. Ce comportement politicien est méprisable au regard de ce que vivent au quotidien les demandeurs d’emploi est tous les précaires dont les conditions de vies ne cessent de se dégrader depuis le début du quinquennat.

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