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Labour Party. Le coup de force libéral stoppé par les militants

Publié le par Daniel Sario

Les partisans de Jeremy Corbyn manifestant, le 15 août, leur soutien au chef actuel du Labour.  Photo Danuel Leal-Olivas / AFP
Les partisans de Jeremy Corbyn manifestant, le 15 août, leur soutien au chef actuel du Labour. Photo Danuel Leal-Olivas / AFP

Le congrès travailliste débute le 25 septembre à Liverpool. Candidat à sa réélection, Jeremy Corbyn l'a emporté avec 62 % des voix. Et ce, malgré les menaces de scission d’un noyau dur de cadres et députés « blairistes ».

Par Vadim Kamenka | Jeudi, 22 Septembre, 2016 | Humanité Dimanche

Depuis un an, les anti-Corbyn n’ont toujours pas digéré son arrivée à la tête du parti et ont utilisé la victoire du « leave » au référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne pour déclencher une motion de défiance à son encontre. Le 23 juin, celle-ci a été approuvée par 75 % des députés travaillistes, ceux qui représentent un courant « blairiste », libéral et adepte de la fameuse troisième voie. Owen Smith est donc leur candidat. « Il fait campagne en s’adressant aux centristes, tout en tentant de faire des propositions proches de celles de Corbyn pour capter ses électeurs », analyse Tony Travers, professeur à la London School of Economics.

Face ces cadres et ces parlementaires, un engouement massif et historique s’est enclenché derrière Corbyn. Aujourd’hui, ce mouvement d’adhésion permet au Parti travailliste de compter 640 000 membres, trois fois plus qu’en mai 2015 ! 183 000 nouvelles adhésions ont été enregistrées juste avant la fermeture des inscriptions pour le vote qui a démarré fin août.

Appel à l’unité. Pour tenter d’arracher la victoire, Owen Smith a brandi, en cas de reconduction de Corbyn, la menace d’une scission du parti autour des députés insoumis. « Un scénario qui paraît peu probable du fait du système électoral à un tour, qui laisse peu de place à un troisième parti. La marque “Labour” garantit 25 % des votes », explique Tony Travers dans les « Échos ».

Pour éviter le risque, Corbyn a appelé au rassemblement et même propose une sorte d’amnistie aux députés travaillistes « insoumis ». Ces cadres, membres de la direction, ont quitté le cabinet fantôme (un gouvernement alternatif formé par l’opposition) pour obtenir son départ. Corbyn leur a proposé de rejoindre à nouveau ce cabinet. Cette offre est prise au sérieux car la nouvelle génération, proche de Corbyn, a pris de l’ampleur en leur absence. « Les départs ont été brillamment remplacés par les “Corbynastas”, comme les surnomme la presse britannique. La réussite d’Angela Rayner, en tant que secrétaire d’État à l’Éducation dans le cabinet fantôme, démontre qu’il faudra compter sur eux désormais », affirme la journaliste Jessica Elgot dans le « Guardian ».
Les lib enfoncent le clou. Le nouveau défi pour le Labour et son dirigeant sera d’apparaître comme une véritable force alternative au gouvernement conservateur dirigé par Theresa May. Un certain nombre de travaillistes réclament donc l’unité. « L’élan suscité autour de Corbyn et de son programme ne doit pas être trahi. Les militants, les syndicalistes, les travailleurs veulent des propositions concrètes et une confrontation avec la 1re ministre. Car un nouveau scrutin n’est pas à exclure avant 2020 », constate Jeff Harper, de l’Union nationale des journalistes (NUJ).

Le scénario de la scission semble abandonné dans l’immédiat. Mais des grandes figures du Labour, qui disposent d’une base propre d’électeurs, n’écartent pas l’idée de poursuivre une guerre en interne jusqu’aux élections générales. Un contexte dont souhaite profiter le dirigeant des Lib Dem (libéraux-démocrates), Tim Farron. Lors de leur congrès annuel, le 18 septembre, il a été clair : « Mon offre est simple pour ces libéraux d’autres formations, il est temps pour eux de rejoindre un véritable parti libéral. » L’autre option pour l’aile libérale du Parti travailliste serait de copier le mouvement « Momentum », créé par Corbyn lors de sa campagne de 2015, tout en évitant le clash. À voir.

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