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Marie-Thérèse Goutmann nous a quittés

Publié le par Daniel Sario

Marie-thérèse Goutmann, en 1978. photo pierre trovel/mémoires d’humanité
Marie-thérèse Goutmann, en 1978. photo pierre trovel/mémoires d’humanité
L’ancienne parlementaire communiste Marie-Thérèse Goutmann s’est éteinte, à l’âge de 83 ans, dans la nuit de mercredi à jeudi, à l’hôpital de Montpellier, des suites d’un accident. Maire, sénatrice, députée, conseillère régionale et militante du PCF de Sète. nous lui rendons un dernier hommage...

C’est en Seine-Saint-Denis qu’avait pris corps son engagement. Dès l’âge de 17 ans, « tout naturellement devenue communiste », disait-elle, après une enfance marquée par la guerre mais aussi par la vie de ses parents. Son père, le peintre et résistant Jean Milhau, mais aussi sa mère, Antoinette Gillet, qui l’a « toujours orientée dans l’idée de l’indépendance de la femme ». De quoi conforter la conviction de la militante que les femmes sont « aussi capables que les hommes d’avoir des responsabilités ». Elle deviendra d’ailleurs la première femme présidente d’un groupe parlementaire en France.

Si c’est en 1958 qu’elle accepte de prendre une première responsabilité politique, en tant que secrétaire de cellule à Gagny, tout s’accélère à l’approche des années 1970. Elle entre au Comité central du PCF en 1972, où elle poursuivra son engagement, enraciné dans son métier d’institutrice puis de directrice d’école, pour les droits de l’enfant. Mais déjà, quelques années avant de rejoindre la direction du PCF, en septembre 1968, elle avait été élue sénatrice de Seine-Saint-Denis. Et c’est en prenant la suite de Jacques Duclos qu’elle devient en 1975 présidente du groupe communiste au palais du Luxembourg, qu’elle marquera « par ses convictions féministes dans une assemblée alors quasi totalement occupée et dominée par les hommes », lui a rendu hommage, jeudi, son actuelle successeure à cette fonction, Éliane Assassi.

« Madame démocratie ». « Votre politique ne peut plus durer, les simples gens, ceux qui produisent les richesses de la nation et n’en bénéficient pas en ont assez. Il faut changer et changer vite », lancera Marie-Thérèse Goutmann en 1977 à Raymond Barre, alo rs premier ministre. Parallèlement, elle livre aussi bataille sur les bancs de l’Assemblée européenne. Son combat se poursuivra ensuite dans d’autres lieux. Au Palais-Bourbon, où elle est élue députée en 1978 et où elle exercera la fonction de vice-présidente de l’Assemblée nationale. Mais aussi à Noisy-le-Grand. Une ville où, paraît-il, des habitants aimaient à la surnommer « Madame démocratie », et où elle fut élue maire en 1977 et réélue en 1983. La droite l’emporte finalement lors d’une partielle en 1984, après l’annulation de l’élection sans que le Conseil d’État ni le tribunal administratif n’aient jugé qu’il y a eu fraude. À la suite d’une plainte déposée par la droite, Marie-Thérèse Goutmann sera tout de même condamnée notamment à une peine d’inéligibilité par le tribunal de Bobigny. « Un procès politique dont l’objectif est de discréditer une élue – parce qu’elle est communiste », estimera le Comité central du PCF dans une résolution de 1986, alors que s’enclenchait une grande campagne de solidarité avec l’édile. Un juste retour pour une femme pour qui la solidarité avec autrui était une ligne de conduite.

Cérémonie ce lundi 3 octobre à 10h30, au funérarium de Sete et enterrement au cimetière Le Py (proche de l'hôpital de Sete)

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