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L'autodestruction du PSOE

Publié le par Daniel Sario

Sympathisant de Sanchez devant le siège du PSOE à Madrid
Sympathisant de Sanchez devant le siège du PSOE à Madrid

Le parti socialiste, et par extension la gauche espagnole, vécu hier une des journées parmi les plus noires de son histoire. Après 10 heures d'affrontements, broncas, pleurs, cris et à la limité d' agressions dans le comité fédéral, Pedro Sanchez demissiona comme secrétaire général du PSOE après avoir perdu un scrutin sur la proposition de tenir un congrès extraordinaire afin d'aborder la crise de la formation. Sanchez a été battu probabement par 25 votes, car la manoeuvre dénoncées par les "critiques" de tenter un vote à bulletins secrets sans garanties le priva de quelques appuis.

Mais la tendance "critique" refusa durant toute la journée de voter la proposition de la direction de convoquer un congrès extraordinaire en réclamant un comité de gestion, ce qui indique qu'elle n'avait aucune certitude sur sa victoire. Les statuts sont clairs puisqu'ils indiquent dans leur article 3 que le processus c'est la tenue d'un congrès et non l'élection d'un comité gestionaire.

Dans tous les cas, le comité fédéral donna durant toute la journée un spectacle lamentable, les deux clans face à face -ce que Suzanne Diaz dit qu'ils n'existent pas- sur des questions de procédure. Sachez a comis des erreurs dans cette crise, mais ses opposants ont encore une plus grande responsabilité, en forçant la démission de la moitié de l'exécutif avec l'intention de ne même pas parvenir au comité fédéral d'hier.

Cette mesure inédite, que les partisans de Sanchez ont qualifié de "coup d'Etat", déclencha la crise finale, qui culmina hier soir avec la démission du leader socialiste. Tout paraît indiquer que les "critiques" cherchaient la "gestion" pour diluer les responsabilités si finalement le groupe parlementaire socialiste s'abstenait pour que puisse gouverner Mariano Rajoy, une fois que Sanchez réitera qu'il continuait de défendre le "Non" à cette éventualité. Un "non" qui, rappelons-le fut aprouvé au cours d'un comité fédéral que seul un autre pouvait remettre en cause.

Une des premières inconnues est de savoir comment les militants du PSOE vont accepter ce coup de force, ceux à qui Sanchez, lors de son retrait, a demandé fidélité et orgueil. Mais, en marge de la politique immédiate, la honte d'hier aura de graves conséquences pour le PSOE et pour la gauche dans son ensemble.

Si la gauche était déjà fracturée en deux espaces de taille similaire après l'apparition de Podemos, ce qui comportait la nécessité de pactes entre plusieur forces pour détrôner le Parti Populaire, maintenant l'autodestruction du parti socialiste peut signifier la disparition de l'alternative pour plusieurs années.

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