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La mobilisation des polonaises met en échec la loi contre l'IVG

Publié le par Daniel Sario

La mobilisation des polonaises met en échec la loi contre l'IVG

Bousculé par la mobilisation des Polonaises contre cette loi inique condamnant à la prison des femmes qui auraient recours à l’avortement, le Parlement, à majorité conservateur, a fini par voter contre lors du vote de ce jeudi.

La proposition de loi d'initiative citoyenne qui visait à interdire complètement l’avortement (à part en cas de mise en danger de la vie de la mère) et à punir de prison ferme les médecins comme les femmes qui le pratiqueraient a finalement été largement rejeté. Après de longues journées d’hésitation, les parlementaires conservateurs ont fini par céder face à la mobilisation des Polonaises. Le texte a donc été rejeté par 352 votes contre, 58 pour et 18 abstentions.
Le parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir, largement majoritaire au Parlement, a beaucoup hésité. Ces conservateurs étaient pourtant pour encore durcir encore la loi, qui est déjà la plus restrictive d’Europe. Elle n’autorise en effet l'avortement que lorsque la vie ou la santé de la mère est en danger, qu’un examen prénatal indique une grave pathologie irréversible chez l'embryon, ou que la grossesse est le résultat d'un viol ou d'un inceste.

La proposition examinée ne laisserait la possibilité d’une IVG que pour sauver la vie de la femme. Elle fixait la peine de prison maximale pour la femme qui avorte à cinq ans de prison. Et c’est ce dernier point qui a fait hésiter le PiS, dont les députés n’étaient tout de même pas pour condamner les patientes. "Nous avons le plus grand respect pour les signataires de la proposition de loi, mais en observant la situation sociale, nous constatons qu'elle (la proposition) conduirait à un processus dont l'effet serait contraire à ses objectifs" a expliqué le président du parti, Jaroslaw Kaczynski. Plus de 100 000 "femmes en grève" vêtues de noir avaient manifesté en Pologne lundi contre cette loi.

Le projet a également suscité des protestations en Europe, au moment où les relations entre Varsovie et Bruxelles sont déjà tendues sur plusieurs autres dossiers. Le Parlement européen s'est saisi de ce dossier mercredi et de nombreux députés y ont vivement critiqué le texte lors d'un débat. La Première ministre a en contrepartie annoncé "trois actions" du gouvernement moins radicales: l'élaboration, avant la fin de l'année, d'un programme de soutien aux familles et aux femmes décidant de garder des enfants nés de grossesses difficiles et élevant des enfants handicapés, la mise en place, début 2017, d'allocations à ces personnes et une "vaste action d'information pour promouvoir la défense de la vie".

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