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5 mai : le peuple de gauche se remet en marche

Publié le par Daniel Sario

L’appel du Front de gauche à la marche citoyenne contre la finance et l’austérité, et pour une nouvelle République, rencontre un écho bien au-delà de ses rangs. Un an après la victoire de François Hollande, les rues de Paris porteront le rappel de l’exigence de changement. Par Sébastien Crépel

Une partie de la gauche relève la tête, n’acceptant pas la chronique écrite par anticipation d’un échec annoncé. Économistes, syndicats, partis ou courants politiques dans et hors de la coalition gouvernementale parlent désormais d’une voix quasi unie pour plaider l’abandon de l’austérité et l’engagement d’un véritable bras de fer contre les tenants de l’Europe libérale, la chancelière conservatrice allemande Angela Merkel en tête. Parmi ces voix, celles qui appellent, ce dimanche, à marcher pour une VIe République, contre la finance et l’austérité. Les organisations du Front de gauche, mais, au-delà, le NPA, des élus d’Europe Écologie-les Verts avec leur ancienne candidate à l’élection présidentielle, Eva Joly, et des écologistes (plus de 1 000, au dernier recensement) de tous horizons de la gauche comme l’essayiste Paul Ariès ou le biologiste Jacques Testard, des militants associatifs ou d’ONG, des syndicalistes du monde ouvrier ou paysan, et de très nombreux élus communistes et républicains défileront ensemble, à Paris. Le chef de file des députés du Front de gauche, André Chassaigne (PCF), absent en raison de son voyage de soutien en Grèce à la candidate du Front de gauche dans la 8e circonscription des Français de l’étranger, a appelé à une «large participation de tous les progressistes» sur les «thèmes rassembleurs» de cette marche.

Contre la finance au pouvoir. L’idée de cette manifestation avait été lancée le 5 avril, par Jean-Luc Mélenchon, avant de devenir le bien commun de tous ses organisateurs, en réaction à l’affaire Cahuzac et à ses conséquences à craindre sur la vie politique française, mais, surtout, sur ce que ce scandale révèle de l’entrelacement des intérêts entre le monde politique et la sphère financière, incompatible avec le changement attendu. Depuis l’appel au «coup de balai» initial lancé par le coprésident du Parti de gauche, la discussion sur le mot d’ordre au sein du Front de gauche a permis de passer à une dialectique plus élaborée sur les alternatives à mettre en avant, entre réorientation sociale et changement institutionnel. L’affaire Cahuzac a en effet «mis en lumière deux problèmes majeurs, résumait Pierre Laurent, dans l’Humanité de mardi dernier. Le premier, l’emprise insupportable des logiques de la finance sur le système économique, politique, institutionnel, jusqu’à la corruption de certains de ses acteurs. Or, le gouvernement a aussitôt refermé le chapitre de l’évasion fiscale, de la lutte contre la finance, alors qu’il aurait fallu l’ouvrir en grand. L’autre problème, c’est le dessaisissement démocratique du pays. (…) Pour garantir un nouveau cap social, il faut que les citoyens aient la parole et le pouvoir. (…) La question de la démocratie et celle de l’orientation sociale sont liées.» En vingt-quatre heures, selon le secrétaire national du PCF, les organisations du Front de gauche ont alors tranché le débat et adopté «le mot d’ordre unitaire de cette marche, un mot d’ordre simple, clair et mobilisateur : “Contre l’austérité et la finance, marche citoyenne pour la VIe République.” C’est autour de ce cap de rassemblement que nous allons marcher le 5 mai».

Pour tous ceux qui «ne reconnaissent pas la politique de gauche qu’ils attendaient». Reste que toute la gauche critique (Verts, socialistes de l’aile gauche contre l’austérité) ne manifestera pas ensemble pour obtenir le changement de cap auquel chacun appelle pourtant, même si la marche se veut ouverte à tous ceux qui «ne reconnaissent pas la politique de gauche qu’ils attendaient». Une adresse claire à tous les électeurs de Hollande, du second tour comme du premier, militants et sympathisants socialistes compris. Conscients que, pour définir le «nouveau contrat politique de changement», qu’ils appellent de leurs vœux, «il faudra aller plus loin», les communistes ont proposé «d’ouvrir dès maintenant une perspective, un prolongement» à cette manifestation, en tenant, le 16 juin, des «assises de la refondation démocratique et sociale». Une proposition «d’organiser ensemble ou de participer à un grand rendez-vous national d’élaboration des axes d’une politique de changement véritable», adressée à leurs partenaires du Front de gauche et aux forces sociales et citoyennes qui se retrouveront dans la marche de dimanche, mais aussi, plus largement, «à tous ceux qui le souhaitent», à gauche. Avec des échos plutôt positifs, la direction d’EELV et des responsables de l’aile gauche du PS ayant manifesté leur intérêt et leur disponibilité pour une telle démarche.

5 mai : le peuple de gauche se remet en marche

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