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Airbus : grève et blocage sur toute la chaîne

Publié le par PcfBalaruc

Tous les syndicats de l'avionneur ont lancé une grève tournante et bloqueront la production toute la semaine tant que la direction n'améliorera pas les augmentations de salaires.

Airbus-Toulouse.jpgRien n'entre, rien ne sort. Chez Airbus c'est le blocage total depuis hier midi. Plusieurs milliers de salariés de l'avionneur ont en effet débuté un mouvement de grève tournante et bloquent les avions cargos Belugas qui acheminent les tronçons d'avions entre les différents sites européens. «Tant que la direction reste sur 1,9 % d'augmentation on bloquera la production» a prévenu Jean-François Knepper, délégué FO.
Concrètement, chaque usine toulousaine d'assemblage se met en grève à tour de rôle. Hier c'était l'usine Clément Ader (A330 et A340), aujourd'hui c'est l'usine A320 de Saint-Martin-du-Touch, demain ce sera l'usine Lagardère (A380) et Saint Éloi au centre ville de Toulouse jeudi. Le siège social (central entity), le bureau d'études et la documentation technique (Guynemer) arrêteront le travail vendredi. Les grévistes des usines bloquent à tour de rôle le hall de chargement des Belugas, ces avions cargos qui font la navette entre les différents sites d'Airbus en Europe.
Les tronçons des avions qui sont dans les Belugas sont alors prisonniers et ne peuvent plus alimenter la chaîne de production. Très rapidement, il n'y aura plus de «matière première» à assembler dans les usines. à Nantes, l'atelier de peinture qui peint les tronçons avant leur expédition est aussi en grève. Résultat : aucun tronçon central, tout avion confondu, ne sort plus. Et les usines n'avaient quasiment pas de stock à cause du volcan islandais. Les rotations de Belugas ont en effet été perturbées par le nuage de cendres et n'ont pas pu alimenter les usines toulousaines. Hier trois Belugas étaient plantés sur le tarmac.
La colère est forte chez les Airbusiens qui estiment que l'augmentation de 1,9 % proposée par la direction est «injuste». Après trois ans de plan Power 8 000 et 2 500 suppressions d'emplois, les compagnons des chaînes s'attendaient à plus de reconnaissance. «On demande à nos gars de sortir encore 500 avions cette année et pour nous remercier on nous donne une augmentation dérisoire» s'emporte Jean-François Knepper. L'an dernier l'augmentation était de 3,5 %. Outre les salaires, l'intersyndicale (Fo, Cftc, Cfe-Cgc, Cfdt et Cgt) demande plus d'embauches pour améliorer les conditions de travail alors que leurs homologues allemands ont obtenu 800 recrutements cette année.

"C'est la première fois que les cinq organisations syndicales se mobilisent ensemble sur les salaires, les conditions de travail et l'emploi", a salué un délégué CGT, Alain Milhau, sachant que l'intersyndicale représente environ 60% des 20.000 salariés. Une unité syndicale assez rare qui est un «signe de notre détermination» a commenté un autre élu hier. Afin d'aider les grévistes un comité de collecte a été constitué pour que les non grévistes versent chacun au moins dix euros. Le but final : ramener la direction à la table des négociations.

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