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Claude Guéant au carrefour des "affaires Sarkozy"

Publié le par Daniel Sario

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L'ancien ministre de l'Intérieur a vu ses locaux perquisitionné mercredi à la fois dans le cadre de de l'affaire Tapie/Lagarde et dans celle du financement illicite de la campagne de Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle 2007.

Cette double "descente" dévoilée par Le Monde a été confirmée par l'AFP ce jeudi, qui cite une source judiciaire. L'homme de confiance de l'ancien président se retrouve ainsi au centre de l'attention des enquêteurs puisqu'il fut à la fois directeur de campagne du candidat UMP en 2007, puis secrétaire général de l'Elysée de 2007 à 2011, avant de prendre en charge la place Beauvau.


Le rôle de l'Elysée dans l'affaire Tapie/Lagarde. C'est en tant qu'ancien secrétaire général de l'Elysée que Claude Guéant intéresse la brigade financière.Celle-ci est chargée de déterminer si la décision prise fin 2007 par l'ancienne ministre de l'Economie Christine Lagarde de recourir à un arbitrage pour solder le contentieux opposant depuis 1993 Bernard Tapie au Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas cache des irrégularités. Pour rappel, le tribunal arbitral, juridiction privée, avait condamné en juillet 2008 le Consortium de réalisation (CDR), structure publique qui gérait le passif du Crédit lyonnais, à verser à l'homme d'affaires 285 millions d'euros d'indemnités (400 millions avec les intérêts).Le rôle précis de Claude Guéant, et plus largement de l'Elysée, dans l'arbitrage reste à établir. Selon L'Express, Nicolas Sarkozy a rencontré au moins six fois Bernard Tapie en 2007, avant son élection à la présidence, et à douze reprises, une fois installé à l'Elysée, entre le 15 juin 2007 et le 21 novembre 2010. L'hebdomadaire fait état en particulier d'un rendez-vous entre les deux hommes au lendemain de la décision sur un recours à l'arbitrage prise le 16 novembre 2007 par le CDR et le liquidateur du groupe Tapie.
Le recours à l'arbitrage a fait l'objet d'intenses discussions en 2007 entre les entités publiques concernées par cette décision. Ainsi un rapport de la Cour des comptes a révélé que le directeur de l'Agence des participations de l'Etat (APE) avait déconseillé à plusieurs reprises au ministère de l'Economie, dès février 2007, de recourir à un tel arbitrage en raison des risques pour les finances publiques. De son côté, la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a réaffirmé récemment que le choix de recourir à un arbitrage pour solder le contentieux qui opposait Bernard Tapie au Crédit lyonnais était "la meilleure solution à l'époque". Entendue en 2008 par la commission des Finances de l'Assemblée nationale, elle avait assuré n'avoir reçu "aucune instruction", en réponse aux interrogations sur le rôle joué par l'Elysée.


Le financement libyen de la campagne de Sarkozy. Le second volet de la perquisition chez Claude Guéant s'inscrit dans le cadre de l'enquête ouverte après une plainte pour "faux et usage de faux" de l'ancien président contre Mediapart, qui avait fait état d'une note présumée sur un soutien libyen à sa campagne en 2007. L'enquête avait été élargie en janvier afin de permettre l'audition de Ziad Takieddine qui a affirmé détenir les preuves d'un financement par la Libye de la campagne de M. Sarkozy. L'intermédiaire, plusieurs fois mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi, a aussi affirmé que plusieurs rencontres avaient eu lieu avant l'élection entre Bechir Saleh, alors secrétaire particulier de Kadhafi, et Claude Guéant, alors directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. Claude Guéant avait réagi en évoquant de pures "affabulations".
A huit jours du second tour de l'élection présidentielle de 2012, Mediapart avait de son côté publié un document attribué à un ex-dignitaire libyen, affirmant que Tripoli avait accepté de financer pour "50 millions d'euros" la précédente campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Pour sa part, un avocat d'un dignitaire du régime libyen, Me Marcel Ceccaldi, avait indiqué au procureur de Paris fin janvier que plusieurs témoins étaient prêts à témoigner sur ces accusations. Ces quatre hommes, Mahmoudi Baghadadi, ancien Premier ministre, Abdhallah Sensoussi, ancien chef des renseignements, Saïf Al-Islam, un des fils de Kadhafi, et Dourda Bouzid, ancien ambassadeur de Libye aux Nations-Unies, sont détenus en Libye "dans des conditions exorbitantes du droit commun" avec "la complicité et l'appui" de la France, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, avait accusé Me Ceccaldi.

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