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Congrès CGT: Thierry Lepaon succède à Bernard Thibault

Publié le par Daniel Sario

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Officiellement élu à la tête de la CGT ce vendredi, Thierry Lepaon a appelé à la mobilisation contre la réforme du travail lors d'une journée d'action mi-avril, avant des défilés qu'il espère avec les autres syndicats le 1er mai prochain.

Lors d'un point presse de fin de congrès, Thierry Lepaon précise ce que sera le prochain défilé du 1er mai. "Avec l'accord national interprofessionnel, il y a une mini-fracture avec la CFDT et d'autres. (...) Cette fracture est marquée. Mais la volonté d'aider les salariés est intacte", explique le nouveau secrétaire général de la CGT. Reprenant la notion de syndicalisme rassemblé, son fil rouge lors de ce congrès, il précise: "Il y a des désaccords avec certaines confédérations. Mais ça ne nous pousse pas à un repli sur une démarche identitaire. La raison est simple: dans les entreprises, quand les salariés voient que les syndicats sont unis, ils voient aussi qu'ils sont plus forts et peuvent plus peser." Dans ces conditions, le successeur de Bernard Thibault explique comment cela se pourra se traduire le 1er mai : "Nous allons essayé de construire un 1er mai le plus unitaire possible sur les salaires et les conditions de travail. N'oublions pas que c'est une journée internationale. Il faut une traduction concrête." Il s'agira du second grand rendez-vous de Thierry Lepaon comme dirigeant de la CGT, après la nouvelle journée interprofessionnelle de mobilisation contre la réforme du marché du travail et l'ANI, prévue dans la deuxième quinzaine d'avril.

Bernard Thibault cède les commandes de la CGT. "Ouf, c'est dur", lâche Bernard Thibault avant de prendre la parole pour le discours de clôture du congrès. Auparavant, le désormais ancien secrétaire général de la CGT avait été applaudi par l'ensemble des congressistes après la projection d'un film dans lequel, notamment, le coiffeur Franck Provost lui a dit "Bernard, je vous attends!". Après avoir déposé le ballon de rugby dédicacé par tous les joueurs du Stade toulousain, Bernard Thibault a remercié les délégués pour avoir approuvé "à plus de 87% le rapport d'activité (...). Pour une direction syndicale que d'aucuns considèrent comme coupée de sa base, avouez que ce n'est pas si mal". Il a salué ses proches et ses collaborateurs, avant de délivrer un dernier message pour l'avenir:
- Liberté syndicale : "Il n'est pas normal qu'en France, pays des droits de l'homme, les salariés soient la seule catégorie de citoyens à qui l'on conteste la liberté fondamentale de se syndiquer", affirme-t-il avant d'appeler les parlementaires à "voter rapidement une loi d'amnistie pour les militants syndicaux".
- Syndicalisation : "Au moment où d'autres peuvent s'interroger sur le nombre d'adhérents qu'ils sont susceptibles de perdre", sourit Bernard Thibault en référence aux conséquences de l'accord de flexi-sécurité de l'emploi signé par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, l'ex-leader de la confédération apelle "à ouvrir en grand les portes de la CGT. (...) C'est consolider son caractère de classe en étant un syndicat de masse" .
Puis, Bernard Thibault a conclu par une pirouette, annonçant avoir fondé une amicale des anciens secrétaires généraux de la CGT avec Georges Séguy et Louis Viannet, présents dans la salle.

Thierry Lepaon pour un "syndicalisme renforcé". Dans ce discours, Thierry Lepaon réaffirme son souci de rassemblement à l'heure où le projet de loi sur l'ANI divise les organisations syndicales : "Nous voulons mobiliser les salariés sur des valeurs communes à partir de ce qui nous rassemble, le travail." Ses cibles contre lesquelles la CGT va se battre, selon lui: "la flexibilité", l'"insécurité sociale", "le coût exorbitant du capital". Il propose contre cela "le droit suspensif aux licenciements, ou le droit pour les salariés de porposer un projet de reprise de l'entreprise lorsque celle-ci est en difficulté". Comme son prédécesseur, Thierry Lepaon appelle à "développer une politique ambitieuse de syndicalisation", notamment en direction des jeunes.
En conclusion de ses objectifs, le nouveau secrétaire général de la CGt reprend le thème du rassemblement avec les autres organisations syndicales. "Notre congrès a confirmé notre stratégie du syndicalisme rassemblé. C'est un chemin qui a toujours été difficile, mais ce n'est pas parce que c'est difficile qu'il faut y renoncer. face à la détermination du patronat, les seules forces de la CGT ne sufiront pas pour que les salariés soient entendues."

Défilé du 1er mai et journée nationale d'action en avril. Agnès Naton, secrétaire confédérale de la CGT, chargée des questions de précarité, pauvreté, exclusion, présente la résolution d'actualité. Elle réaffirme :
- "l'invitation" de la CGT à "faire du 1er mai une journée de lutte et de manifestation". La veille, lors d'un point presse, Thierry Lepaon avait expliqué : "On peut envisager un 1er mai dynamique et unitaire. Il y a un point de désaccord (avec la CFDT sur l’ANI, ndlr), mais il y a beaucoup de sujets d’accord"
- l'organisation d'une journée nationale d'action contre la réforme du marché du travail, lors de la première quinzaine d'avril. Initialement prévue entre le 2 et le 5 avril, cette journée devrait se tenir un peu plus tard, afin de répondre à la difficulté rencontrée par certains syndicats composant la CGT pour déposer un préavis de grève dans les délais légalement requis.
- les revendications de la CGT en vue de l'ouverture de nouvelles négociations sur le financement des retraites. "Ouverture des droits dès 60 ans, prise en compte de la pénibilité", a insisté Agnès Naton
- la volonté de la CGT d'"empêcher la transposition dans la loi de l'accord national interprofessionnel, ou accord de sécurisation/flexibilisation de l'emploi signé par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, qui "dynamite le droit du travail en France".

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