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Conseil européen de Bruxelles : les Parlements sous surveillance

Publié le par Daniel Sario

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15 000 manifestants contre l'austérité aujourd'hui à Bruxelles

Le Conseil européen, qui doit s'ouvrir ce soir à Bruxelles, se penchera sur la mécanique de contrôle dite du «semestre européen», c'est-à-dire sur la poursuite de l'austérité budgétaire et de contrôle des parlements nationaux.


Le sommet de printemps s’ouvre aujourd’hui. Comme tous les ans, le Conseil européen du mois de mars a pour sujet principal l’économie. Les autres années, les chefs d’État et de gouvernement examinaient les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne, qui invitait déjà à des réformes structurelles en matière de retraites, de marché du travail ou de privatisation de services publics. Mais cette année, cette stratégie est effacée par une nouveauté : le semestre européen, instauré par le paquet de règlements six-pack, adopté en 2011. En guise d’économie, les dirigeants européens parleront «contrôle des budgets». Sur la base de la publication de l’examen annuel de croissance, les États membres vont déterminer aujourd’hui quels sont les principaux défis économiques et déterminer une stratégie.

 

D’ici au mois de juin, chaque État sera tenu, à la lumière des débats, de présenter un programme national de réforme (pour sa politique économique) et un programme de stabilité et de convergence (pour sa politique budgétaire) pour traduire dans sa politique nationale les orientations européennes. Selon le brouillon des conclusions du Conseil qui devraient être adoptées ce soir, «les progrès substantiels faits en direction de budget à l’équilibre structurel doivent continuer». C’est-à-dire la poursuite de l’austérité budgétaire. En revanche, un terme nouveau – et tabou jusque-là pour certains États – fait son apparition dans le débat européen : la lutte contre l’évasion fiscale. Pour la politique économique au sens strict du terme, les dirigeants européens devraient décider l’organisation prochaine de sommets thématiques. Le premier, en mai, pourrait avoir pour objet l’achèvement du marché européen de l’énergie. C’est-à-dire une nouvelle étape de libéralisation, et de démantèlement du service public.

Manifestation. Juste avant le début du sommet européen, plus de 15 000 personnes, dont 500 militants de la CGT emmenés par Bernard Thibault, venues de plusieurs pays de l'Union européenne ont manifesté à quelques centaines de mètres du bâtiment du Conseil européen pour dénoncer les politiques d'austérité. En Europe, "Habemus austeritas!", a dénoncé Anne Demelenne, la secrétaire générale de la fédération syndicale belge FGTB. "Nous sommes là pour mettre en garde le Conseil européen. A chaque sommet, ce sont les travailleurs qui sont mis en danger", a-t-elle ajouté au cours d'un discours. Organisé par la Confédération européenne des syndicats (CES), qui comprend 85 organisations de 36 pays, le rassemblement était en majorité composé de manifestants belges, dont environ 3.000 du groupe américain Caterpillar, qui a récemment annoncé 1.400 suppressions d'emplois en Belgique. Plusieurs centaines de salariés du groupe sidérurgique ArcelorMittal étaient également venus des sites belge de Liège et français de Florange, fortement affectés par des restructurations.

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