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Déserts médicaux : un plan d'urgence à long terme

Publié le par Daniel Sario

 carte-medecins dans l'Hérault

Dans son Pacte territoire santé, la ministre de la Santé Marisol Touraine mise sur les incitations à l'installation des médecins pour lutter contre les déserts médicaux. "La coercition serait injuste et inefficace", affirme-t-elle. 

La ministre a affirmé d'emblée qu'elle se conformait à l'engagement de François Hollande de respecter la liberté d'installation, sacro-sainte pour les médecins libéraux. Elle a aussi expliqué qu'après dix ans de laisser-faire, il n'y avait pas de "remède miracle" aux inégalités entre territoires en matière de santé. Contre les déserts médicaux, il faut agir "sur un ensemble de leviers". Les voici:
- 200 contrats pour les jeunes médecins. La mesure la plus emblématique, déjà dévoilée puisqu'elle a été votée par le Parlement, vise à proposer l'an prochain aux jeunes médecins 200 contrats de "praticiens territoriaux de médecine générale". Ils apporteront un complément de rémunération à ceux qui exercent dans des déserts médicaux de façon à ce qu'un jeune généraliste ne gagne pas moins de 4.600 euros par mois dans les zones concernées.
- Favoriser les regroupements. Le plan prévoit également le développement de rémunérations forfaitaires pour favoriser le regroupement de médecins infirmiers et kinésithérapeutes et le développement de la télémédecine.
- 30 minutes chrono. La ministre a réitéré l'engagement du gouvernement de faire en sorte que toute personne puisse accéder à un service de soins d'urgence en moins de trente minutes, d'ici 2015, sur l'ensemble du territoire. Pour y parvenir, elle a évoqué quelques pistes comme la mise en place de médecins correspondants du SAMU ou celle de services mobiles d'urgence et de réanimation.

Numerus Clausus. Marisol Touraine n'a pas voulu élargir le numerus clausus (le nombre d'étudiants en médecine acceptés chaque année), contrairement à l'option défendue par l'Association des maires de France (AMF). "Le sujet n'est pas le nombre de médecins formés mais leur répartition sur le territoire", a-t-elle estimé. La ministre a précisé qu'elle lancerait dans chaque département, début 2013, une concertation autour de ses propositions.
Dans un communiqué, l'association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) adresse un satisfecit au plan du gouvernement tout en émettant des réserves. "Il n'est plus question ni de stigmatiser à outrance les professionnels de santé, ni de se ranger derrière des politiques coercitives qui ont fait la preuve de leur non-efficacité", se réjouit l'association. Les étudiants en médecine attendent toutefois "des éléments concrets sur la mise en place effective de ces mesures (...) Il est décevant de ne voir apparaître aucune mesure à court terme dans ces propositions", estime l'ANEMF.
La FNSEA, principal syndicat des agriculteurs, a salué le plan de bataille, les exploitants agricoles étant une des premières victimes de cette situation. Ce plan permet "de reconsidérer un peu la ruralité, ses services, sa vitalité", a réagi auprès de l'AFP Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA pour qui il s'agit d'"une question de justice d'accès à des services". Aujourd'hui, certains agriculteurs doivent faire 25 à 40 kilomètres pour consulter. "Quant aux médecins de campagne, ils ont un patient toutes les dix minutes, donc on craint une dégradation de la qualité du service", a-t-elle ajouté. Ce plan va donc "dans le bon sens" et pourrait peut-être même permettre le retour de certaines familles dans des communes rurales.

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