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Droit de veto à l'accord Medef-Cfdt

Publié le par Daniel Sario

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Une partie de la gauche refuse le rôle de chambre d’enregistrement de l’accord Medef-Cfdt sur le droit du travail que voudrait lui assigner l’exécutif. Les communistes appellent la gauche à "trouver d'autres bases que cet accord".


Après sa signature par le patronat et trois syndicats de salariés (CFDT, CGC et CFTC), restera à passer, pour mettre en œuvre l’accord intervenu à l’issue de la négociation sur le droit du travail, l’étape législative. Fidèle au cap « social-démocrate » tracé pour le quinquennat, le président de la République a promis que l’accord serait «fidèlement» traduit dans la loi, ce qui implique une transposition la plus «neutre» possible de la part du Parlement. Le ministre du Travail, Michel Sapin, s’est attelé sans attendre à la promotion du contenu de l’accord. Pour lui, ce dernier va sauver des emplois en permettant «aux entreprises de faire face aux difficultés sans licencier», et, «en période de croissance», de «surmonter la peur de l’embauche». «Et si une entreprise est obligée de licencier, pourquoi retarder l’inéluctable au risque de perdre davantage de postes ?» ajoute-t-il, dans une interview parue hier au Journal du dimanche, reprenant à son compte le terme de «flexibilité», qui ne le «gêne pas».

Reste à en convaincre la représentation nationale, qui devrait être saisie d’un projet de loi après son passage en Conseil des ministres, dans la première quinzaine de mars. Car le compromis résultant des négociations est loin de faire l’unanimité au sein même de la majorité de gauche. Ainsi, Guillaume Balas, responsable d’ "Un monde d’avance", courant de l’aile gauche du PS, rappelle que le Parlement a son mot à dire et ne saurait se transformer en une «chambre d’enregistrement du dialogue social». «Nous attendons donc, sur la méthode, un débat approfondi et détaillé sur cet accord, y compris en l’améliorant», poursuit-il.

Du côté des communistes, on n’entend pas non plus se contenter de regarder passer le train. L’accord «conduit les salariés à devoir accepter le chantage patronal des baisses de salaires», dénonce Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. Pour André Chassaigne, le président (PCF-Front de gauche) du groupe de la gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, «cet accord ne règle pas le problème des suppressions d’emplois massives et des fermetures de sites. Son contenu se situe dans l’adaptation aux exigences du patronat. En cas de licenciement, les procédures de recours devant la justice seront atténuées. Il faut étendre les pouvoirs des salariés, leur donner la possibilité réelle de faire valoir des propositions alternatives en cas de menace sur l’emploi». Pour André Chassaigne, il en va donc de la responsabilité du législateur, qui doit épauler les salariés dans le rapport de forces défavorable qui les opposent au patronat.
"Nous, nous n'accepterons pas en tant que parlementaires de transcrire cet accord en l'état", a affirmé Pierre Laurent ce mardi. Le sénateur communiste appelle le Parlement à "trouver d'autres bases" que cet accord trouvé vendredi entre le Medef et trois syndicats. "Travaillons et allons plus loin que l'accord sur la sécurisation de l'emploi, parce que (...) malheureusement ce qu'il y a d'abord dans l'accord, c'est des mesures de sécurisation du licenciement pour les patrons", a-t-il expliqué lors de l'émission Le Talk Orange-Le Figaro. "On sait ce que ça veut dire. On fait du chantage aux salariés en disant "on va maintenir votre emploi, mais augmenter votre temps de travail et réduire votre rémunération". A l'arrivée, quelques mois ou quelques années plus tard, les salariés ont eu et l'accord et la suppression de leurs emplois"

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