Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

En 2012, un million d'emplois détruits en zone euro dont 100 000 en France

Publié le par Daniel Sario

677289.jpg

 

François Hollande n'est pas le seul à avoir du mal à inverser la courbe du chômage dans son pays, même si certains de ses homologues européens, dont Angela Merkel en Allemagne, n'ont pas vraiment besoin de relever ce défi. "Les perspectives du marché du travail sont très différentes d'un pays à l'autre, la hausse prévue du chômage devrait avoir lieu dans un petit nombre d'Etats", anticipe la Commission européenne dans ses prévisions, publiées vendredi 22 février. D'une manière générale, la situation devrait se dégrader encore cette année. Tandis que la crise des dettes connaît un répit prolongé, ce sont les difficultés de l'économie réelle qui plombent le marché du travail européen. Le taux de chômage devrait continuer de grimper en 2013, pour atteindre en moyenne 11,1 % de la population active des Vingt-Sept, et 12,2 % de celle de la zone euro, selon la Commission européenne. La zone euro devrait être en légère récession cette année. A la différence de ce qui s'est passé lors du brutal recul de l'économie en 2009, dans la foulée de la crise financière, le marché du travail est, cette fois, touché de plein fouet par les difficultés de l'industrie et des services, sur fond de pénurie de crédit.


La zone euro a vu la destruction d'un million d'emplois en 2012, et doit s'attendre à une contre-performance du même ordre en 2013, selon Bruxelles. Le nombre de chômeurs devrait dépasser les 26 millions cette année sur l'ensemble des Vingt-Sept, mais avec des "divergences" entre pays qui "ont atteint une magnitude sans précédent", observe Olli Rehn, le commissaire en charge des affaires économiques et monétaires. Avec l'Italie, la France - où le taux de chômage devrait atteindre 11 % en 2014 - se trouve dans une situation intermédiaire : elle fait nettement moins bien que l'Allemagne, l'Autriche, les Pays-Bas ou le Luxembourg. Mais mieux que ses voisins du Sud, où le nombre de sans-emploi atteint des niveaux record. En Espagne, le chômage devrait toucher plus d'un actif sur quatre cette année, tout comme en Grèce. Le Portugal fait à peine mieux. Dans ces pays en forte récession, et placés sous perfusion financière, plus d'un jeune sur deux est sans travail. Cette évolution tient, selon la Commission, au fait que l'emploi s'est contracté fortement dans des secteurs qui se sont développés de façon non soutenable pendant les années d'expansion précédant la crise, comme l'immobilier en Espagne. Un phénomène de "rééquilibrage", selon Bruxelles, qui est amplifié par les efforts d'austérité imposés par les bailleurs de fonds internationaux pour retrouver la confiance des marchés.

 

100 000 emplois perdus en France en 2012. L'emploi salarié dans les secteurs marchands non agricoles a diminué de 0,3 % au quatrième trimestre 2012 en France, avec 44 600 postes détruits, soit le même rythme qu'au troisième trimestre, selon les chiffres publiés mercredi par l'Insee. Sur un an, les secteurs principalement marchands ont détruit 99 500 postes (– 0,6 %). Le chiffre du troisième trimestre a été révisé à – 46 000 postes (– 0,3 %) contre – 41 700 annoncés dans un premier temps. Les destructions d'emplois marchands hors intérim s'intensifient au quatrième trimestre pour atteindre 35 300 postes contre 16 900 au troisième trimestre. L'emploi poursuit sa baisse dans l'industrie avec 9 400 postes supprimés au quatrième trimestre (- 0,3 %), soit le même rythme que lors des précédents trimestres de 2012. Sur un an, l'industrie a perdu 29 400 postes (– 0,9 %). Dans la construction, l'emploi a diminué de 7 000 postes (– 0,5 %) au cours du trimestre, portant la baisse sur l'ensemble de 2012 à 13 800 postes (– 1 %). L'emploi accentue sa baisse dans le tertiaire, principalement sous l'effet du recul de l'intérim, dont les effectifs baissent cependant moins fortement qu'au troisième trimestre. Le secteur a perdu 28 200 postes après 35 700 postes au troisième trimestre, soit 56 200 postes perdus sur l'ensemble de 2012 (– 0,5 %) L'emploi intérimaire recule de 9 300 postes (– 1,8 %), soit une baisse de 61 000 sur un an. Hors intérim, l'emploi du secteur tertiaire recule de 18 900 postes au quatrième trimestre après – 6 500 au troisième trimestre. En un an, l'intérim a perdu 61 000 postes.

Dans ce contexte, le chômage de longue durée bat des records. Près d'un chômeur européen sur deux (45 %) était, fin 2012, au chômage depuis plus d'un an. Une éclaircie n'est pas attendue avant 2014, en fonction de la vigueur de la reprise espérée d'ici là. Mais ce retour de la croissance est encore très incertain.

Commenter cet article