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Etats-Unis : vainqueurs et perdants du "mur fiscal"

Publié le par Daniel Sario

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La grosse frayeur est passée : les Etats-Unis n’abordent pas l’année en situation de défaut de paiement. Mais l’accord trouvé in extremis ne donne que deux mois de répit: fin février, la question du plafond de la dette se reposera. En attendant l’acte 2, voici ce qu'il faut retenir de l’acte 1.  Par Christophe Deroubaix

1. Mini-défaite pour les Républicains. On aurait pu aussi écrire : mini-victoire pour Obama. Mais comme ce sont les Républicains qui détiennent la majorité au Congrès et qui ont décidé de faire de l’obstruction systématique, prenons le compromis dans ce sens-là. 238 représentants et 41 sénateurs membres du Grand Old Party avaient en effet signé «l’engagement de Norquist», du nom de l’ultra-conservateur républicain. L’engagement? Refuser toute hausse d’impôt fédéral, quelle qu’elle soit. Certains des appelants se sont déjugés et ont voté l’accord qui s’est dessiné à l’heure du réveillon.
Les impôts augmenteront bien pour les familles gagnant plus de 450.000 dollars par an (400.000 pour un célibataire). Le relèvement est modeste (de 35 à 39% pour les revenus salariaux et de 15 à 20% sur les dividendes). Durant sa campagne, Barack Obama avait fixé le seuil à 250.000 dollars. Il a transigé mais on peut légitimement considérer qu’il a marqué un point sur le principe même si l’épisode signe un énième échec de sa stratégie de recherche de solutions «bipartisanes».

2. Confirmation de la polarisation croissante de la vie politique. Si quelques républicains – des sénateurs, surtout – ont abandonné en rase campagne la vache la plus sacrée de leur parti, une immense majorité des élus ont refusé de transiger. On peut trouver l’une des explications dans une enquête récente de Nate Silver, le «M. Sondage» du New York Times. En 2012, le nombre de circonscriptions disputées n’a jamais été aussi faible (35 contre en 1992) et celui des districts ultra-bleus ou ultra-rouges jamais aussi élevé : 117 pour les démocrates (contre 65 en 1992) et 125 pour les républicains (58 en 1992).
A Washington, les députés sont en quelque sorte les porte-paroles fidèles de leurs électeurs, nous dit le journaliste. Le redécoupage de 2010, effectué suite au recensement de la population, a renforcé l’homogénéité sociale et politique des districts électoraux. La seule chose que peut craindre un représentant républicain élu avec 75% des suffrages c’est d’être concurrencé sur sa droite lors des prochaines primaires s’il ne s’avère pas assez ferme sur les «fondamentaux».
Comme les représentants sont élus tous les deux ans… Et comme les électeurs républicains se radicalisent… Le processus vaut aussi pour le côté démocrate de l’échiquier, aussi bien avec la radicalisation des électeurs eux-mêmes que des députés. Les rangs du «caucus» progressiste au Congrès, créé en 1991, n’ont jamais été aussi bien garnis. Il est désormais le plus important «caucus» parmi les élus démocrates tandis que le caucus des «blue dogs» (démocrates conservateurs) est passé en quelques années de 54 à 14…


graphique-usa.jpgComme le montre ce graphique, les courbes de la polarisation à la chambre des représentants et celle des inégalités sociales (mesurées par le coefficient de Gini) s’épousent parfaitement, comme les travaux de Nolan McCarty, Keith T. Poole et Howard Rosenthal l’ont mis en lumière dès 2006. Et comme les économistes prévoient un accroissement des inégalités dans les années à venir, cette polarisation a de beaux jours devant elle.

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femme russe nancy 15/01/2013 10:25

.... NO COMMENT