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François Hollande loin des attentes populaires

Publié le par Daniel Sario

François Hollande

Au cours de l’entretien accordé à France 2, François Hollande n’a pas donné le signal de la moindre inflexion du cours de sa politique en dépit de la forte insatisfaction manifestée dans les milieux populaires et dans l’électorat de gauche. Par Jean-Paul Pierot

Pascal Cherki, le député socialiste de Paris qui avait souhaité que le président de la République «change de braquet» n’a pas été davantage entendu que le Front de gauche qui se mobilise contre la politique d’austérité. Car même si François Hollande refuse ce terme, lui préférant celui de rigueur c’est bien une cure d’austérité qui se prépare pour deux ans au moins. Priorité réaffirmée aux réductions des dépenses de l’Etat et des collectivités locales, priorité également aux allégements aux entreprises (20 milliards d’euros au nom du pacte de compétitivité), en revanche du flou sur le pouvoir d’achat qui a baissé en 2012 de 0,4 %.

Sollicitude à l'égard du patronat. Le président a apporté un soutien appuyé à l’accord sur le marché du travail signé par le MEDEF et trois syndicats minoritaire. En dépit d’une forte opposition y compris dans les rangs socialistes, François Hollande a souhaité que la représentation nationale transpose ce texte tel quel dans la loi. Cet accord apporte plus de «souplesse», pour l’employeur s’entend au prix de la flexibilité des salariés. Cette sollicitude à l’égard du patronat se retrouve dans l’annonce d’allègements fiscaux pour les cessions d’entreprises. Pour faire en apparence bonne mesure, François Hollande a confirmé que la taxe de 75%, mesure provisoire pour les émoluments supérieurs à un million d’euro, qui fut retoquée par le Conseil constitutionnel, serait payée par les entreprises.

Changement. Dix mois seulement après sa victoire du 6 mai 2012, alors que s’accélère la décrue de sa popularité ( de 53 % à 31 % en un an) , François Hollande poursuit dans une voie s’éloignant des attentes des électeurs de gauche et du monde du travail. Il s’est notamment prononcé nettement en faveur d’un allongement des cotisations retraite. Visiblement, le changement ce n’est pas pour aujourd’hui.

 

Extraits de son intervention

 

"Choc de simplification":  Une entreprise doit envoyer 3000 informations. Il faut réduire par deux ou trois. Le pays ne peut plus attendre. Je dois les réduire.

Formation professionnelle : J’ai le devoir de faire sortir la France de la crise. Je vous ai dit la boite à outil. Il y a la formation professionnelle. Je vais proposer qu’un 1 chômeur sur 2 puisse à faire une formation dans les deux mois. 
Accord national interprofessionnel de réforme du travail : L’engagement que j’ai pris devant les partenaires sociaux, c’est tout l’accord, rien que l’accord. Il y aura des corrections. Elles devront être approuvées par les partenaires sociaux. 
Taxe à 75% payée par les entreprises:  C’est l’entreprise qui prendra en charge les 75%. Le principe n’est pas de punir, d’empêcher, mais dans ce moment difficile, ceux au plus haut dans les rémunérations ne peuvent-ils pas faire cet effort pendant 2 ans ? La conséquence, c’est que les entreprises qui pourront rémunérer 1 million d’euros leurs dirigeants leur expliqueront que pendant les deux ans à venir, on fait une pause. Il y a un exemple, c’est Renault.
Pas d’impôt nouveau pour les dépenses de l’Etat :  Pour 2013, on a pris des décisions. On a moins de croissance que prévu. Je ne demanderai pas d’effort supplémentaire. On va faire des économies. Pour 2014, j’ai annoncé qu’il y aurait une augmentation de la TVA pour financer le pacte de compétitivité. Pour 2014, en dehors de cette disposition, il n’y aura aucune autre augmentation d’impôt en ce qui concerne le budget de l’Etat. Faire des économies, c’est la seule façon de ne pas défaire l’économie.
Mesures d’économies pour les dépenses de l’Etat : On va regrouper tous les achats des administrations : cela représente 2 milliards d’euros. On va dématérialiser le paiement des impôts. On va simplifier les règlementations. On va faire beaucoup moins de contrôles pour les particuliers, les entreprises et les collectivités locales. C’est le choc de simplification. 
Allocations familiales: On a le plus fort taux de natalité d’Europe. Ca tient en partie à la politique familiale. Mais il y a 2 milliards de déficits. On fera des économies. Deux principes fixées : il n’y aura pas de fiscalisation. On va garder l’universalité des allocations familiales. Mais que les plus hauts revenus ait autant d’allocations que les plus bas, non.
Financement des retraites : Ce que j’avais refusé, c’est l’inégalité. C’est la raison pour laquelle ceux qui avait cotisé avant 60 ans puisse partir à 60 ans. Il va falloir avoir des durer de cotisations plus longues. On a 20 milliards d’euros en 2020. Il n'y aura pas de désindexation pour les retraites de base. Il y aura des discussions entre les partenaires sociaux. Il faudra jouer sur tous les paramètres.
Financement de l'assurance chômage : C’est une négociation entre partenaires sociaux. Il faut que le système d’indemnisation encourage le retour au travail. Il faut même que plusieurs indemnités puissent se cumuler pour un travail à temps partiel.  

Budget de la Défense 2014 égal à 2013 : J’ai pu apprécier la qualité de notre outil militaire avec notre intervention au Mali. Je sais ce qu’est l’indépendance nationale. Nous avons une arme nucléaire. C’est notre garantie, notre protection, il faut la conserver et la moderniser. Il faut protéger l’intégrité du territoire. L’annonce que je fais, c’est que nous dépenserons en 2014 exactement la même somme qu’en 2013. Même chose pour la loi de programmation 2014-2020.
L'Europe et les 3% de déficits: Nous sommes dans la rigueur, pas dans l’austérité. L’austérité, c’est condamner l’Europe à l’explosion. Je vois ce qui se passe en Italie, en Grèce. Je vois les égoïsmes nationaux. La France s’en est bien tiré lors des négociation sur le budget européen. Mais ça a été un marchandage. Je me suis demandé où était l’intérêt européen. Je ne ferai pas une politique qui conduise l’Europe dans l’austérité. Peut-on faire le choix de reporter l’objectif des 3% ? J'ai dit que l'on atteindrait pas l’objectif des 3% en 2013, sinon on casse l’espoir de croissance. Cette prise de conscience existe. Je suis le chef d’Etat français. Je suis pour le redressement, pas pour la maison de redressement.
Intervention au Mali : On a atteint nos objectifs : arrêter l’offensive terroriste, ce qui a été fait dans les premiers jours, puis reconquérir les villes occupées. C'est fait. Je suis allé moi-même en faire le constat. Le troisième objectif était d’aller dans le sanctuaire des terroristes. Nos soldats y sont allés. Certains en sont morts. Ils sont allés chercher le chef des terroristes. Nous n’avons pas pu retrouver nos otages. La fin du mois d’avril, nous réduirons notre contingent. Débat juillet, il n'y aura que 2000 soldats dans le cadre de l’opération de maintien de la paix de l’ONU. A la fin de l’année, il n'y aura plus qu'un millier de nos soldats." (...) "Le temps où la France désignait les chefs de l’Etat en Afrique est révolu. Il y aura des élections à la fin de juillet. Nous serons intraitables sur le sujet.
Les otages français: La politique de la France est qu’il n’y ait pas de versement de rançon. Comment comprendre qu’au moment où nous combattons les terroristes, nous leur versons de l’argent. Je ne peux pas confirmer la mortde Philippe Verdon. Je n’ai pas la preuve. Mais nous avons des éléments qui tendent à penser qu’il pourrait être mort. Mais il y a toujours un fil." (...) "Nous avons des preuves de vie mais nous ne savons pas exactement où cette famille est retenue. Nous savons que c’est au Nigéria. Mais moins on en dit, mieux on agit.
Livraisons d'armes en Syrie : Nous respectons l’embargo. Mais il est brisé par les Russes. Il y a eut 100.000 morts, avec une guerre civile qui se radicalise. Pour nous, il faut continuer la pression politique et envoyer un message. Il ne peut pas y avoir de livraison d’armes sans certitude qu’il y a un contrôle total de l’opposition. Nous ne l’avons pas."
Mariage pour tous: Cette initiative n’est pas venue de nulle part. C’est un engagement que j’avais pris. C’est une égalité de droits. Ces débats de société sont toujours extrêmement clivants. Je me souviens de ceux sur le PACS, sur l’IVG. J’ai décidé avec le Parlement qu’il n'y ait dans le texte que le mariage pour tous et l’adoption dans certains cas. La procréation médicalement assistée est renvoyée au comité national d’éthique. Je verrai son avis. La gestation pour autrui est écartée.
Récidives et suppression des peines plancher: Les peines plancher seront supprimées quand on aura trouvé un dispositif pour traiter la récidive, pour qu’elle ne soit pas un risque pour la population.
Cumul des mandats : Le cumul des mandats sera appliqué avant la fin de mon mandat.
La mise en examen de Jérôme Cahuzac: Je fais confiance en sa parole. Il m’a dit qu’il n’avait pas de compte. Comme dans toute autre affaire, le principe, c’est l’indépendance de la justice. Il n’est pas partie parce qu’il est coupable. Mais dès lors qu’il y a une procédure, il doit partir.
La mise en examen de Nicolas Sarkozy: D’abord il y a la présomption d’innocence. Les juges doivent être respectés, c’est le deuxième principe. J’en suis le garant. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé au Grade des sceaux de saisir le conseil de la magistrature.

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