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Grève massive contre la réforme des rythmes scolaires

Publié le par Daniel Sario

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Les écoles parisiennes étaient en grève, mardi 22 janvier, contre le retour à la semaine de quatre jours et demi à la rentrée 2013 annoncé par Bertrand Delanoë – un premier test social pour le ministre de l'éducation, Vincent Peillon.

 Le mouvement contre la réforme des rythmes scolaires est "historique" avec 95 % de professeurs des écoles grévistes, selon Jérôme Lambert, du principal syndicat du primaire Snuipp-FSU Paris, qui appelle à la grève avec une intersyndicale Snudi-FO, SE-UNSA, SUD-Education, CNT-STE et CGT Educ'action. La mairie de Paris évoque aussi un mouvement "massif", avec 84 % d'enseignants grévistes. Plus de la moitié des écoles étaient entièrement en grève. La ville a mis en œuvre le service minimum d'accueil (SMA) uniquement dans 66 des 624 écoles qui avaient plus d'un quart de grévistes, en raison du "nombre restreint d'agents disponibles" qualifiés, selon la mairie. 
Une manifestation s'est déroulée, à partir de 14 heures, du métro Temple vers l'Hôtel de ville. "Les enseignants, qui ont porté l'actuel gouvernement par leur mobilisation ou leur vote, sont déçus", indique M. Lambert, regrettant "un ravalement de façade". "Il faut reprendre le débat", réclame-t-il. Ce mouvement "était prévisible, les enseignants et les parents sont assez insatisfaits de la manière dont se fait la réforme", indique Valérie Marty, présidente de la fédération de parents d'élèves PEEP.

La mairie de Paris espère que les associations de parents d'élèves soutiendront son projet de nouveaux rythmes scolaires contre lequel des syndicats d'enseignants ont appelé à la grève mardi dans les écoles primaires parisiennes. "Je pense que les parents nous suivront", a indiqué sur RTL Anne Hidalgo, première adjointe au maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, et candidate à sa succession pour les élections municipales de 2014. "Tout le monde s'accorde en France à dire que le rythme de nos enfants n'est pas bon", avec "la durée la plus longue sur la journée et la plus courte sur l'année". L'élue socialiste a ajouté qu'elle espérait aussi convaincre les syndicats d'enseignants.  Le décret sur les rythmes, qui doit être publié prochainement, prévoit le retour à la semaine de quatre jours et demi dès la rentrée 2013 avec le mercredi matin (dérogations possibles pour la rentrée 2014 et le samedi). Mercredi, jour de la présentation en conseil des ministres du projet de loi sur l'école, le Snuipp-FSU lancera une journée nationale d'action pour "interpeller le ministre" sur "les besoins des écoles", au moment où les académies préparent concrètement la rentrée 2013. La fédération FO-Education soutient cette mobilisation. Le syndicat FO des lycées professionnels appelle à la grève et le Snuipp-FSU Paris annonce une manifestation.

Le Parti communiste a réagi à cette réforme des rythmes scolaires mardi, en demandant au gouvernement de "revoir sa copie". "Les conditions du débat ne sont pas réunies pour une application de cette réforme dès la prochaine rentrée. Le gouvernement serait bien inspiré de revoir sa copie en commençant par une tour de table réunissant tous les acteurs concernés", écrit Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. "Si cette modification des rythmes scolaires provoque de telles réactions, c'est qu'elle est jugée, à ce stade, comme une nouvelle dégradation des conditions de travail des enseignants et des autres personnels", ajoute M. Dartigolles. "Sans vision claire concernant les missions de l'éducation nationale et celles des communes, elle risque d'aggraver les inégalités territoriales, d'avoir comme conséquences l'externalisation et la privatisation rampante d'une partie des enseignements, voire leur disparition", selon le Parti communiste.

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