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L'espagne dans le collimateur des marchés après la grèce et le Portugal

Publié le par PcfBalaruc

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L'indice Ibex-35 de la Bourse de Madrid a terminé en baisse de 2,99% à 10.167 points.


L'agence d'évaluation financière Standard and Poor's (S&P) a abaissé aujourd'hui d'un cran la note de la dette à long terme de l'Espagne, de "AA+" à "AA" au lendemain de décisions similaires concernant la Grèce et le Portugal.

S&P justifie cette décision par la mauvaise situation économique de l'Espagne, qui va peser selon elle sur des finances publiques déjà mal en point, alors que plusieurs pays de la zone euro, dont l'Espagne, provoquent l'inquiétude sur les marchés à cause de leur situation budgétaire, faisant craindre une contagion de la crise grecque. L'économie espagnole peine à sortir de la récession où elle se trouve plongée depuis la fin 2008. Ces mauvaises perspectives économiques vont peser sur les finances publiques espagnoles et des réformes supplémentaires seront nécessaires pour leur assainissement, estime l'agence de notation. "Nous estimons que la croissance réelle du PIB [espagnol] sera en moyenne de 0,7 % par an sur 2010-2016, contre une prévision antérieure supérieure à 1 % par an", a déclaré S&P dans son communiqué.

Peu après, le gouvernement espagnol a lancé un appel au calme. "Je veux lancer un message de confiance aux citoyens et de tranquillité aux marchés", a déclaré la vice-présidente du gouvernement Maria Teresa Fernandez de la Vega à des journalistes. "Nous avons un plan très sérieux de consolidation fiscale et de réduction du déficit pour le réduire à 3% en 2013. Nous avons adopté un plan d'austérité, nous avons mis en marche une réforme du marché du travail. Nous sommes en train d'adopter toutes les mesures pour tenir nos engagements", a-t-elle ajouté.
Effet domino. Mardi, S&P avait dégradé la note du Portugal de deux crans, à "A-" contre "A+", tout en allouant une perspective négative. L'agence de notation visait dans ce cas spécifiquement les finances publiques portugaises "structurellement faibles, nonobstant les importantes réformes structurelles du secteur public ces dernières années". Elle avait dans le même temps abaissé de trois crans la note de la Grèce, de "BBB+" à "BB+", la reléguant dans la catégorie des investissements spéculatifs en raison des "défis politique, économique et budgétaire auxquels doit faire face le gouvernement grec dans ses démarches pour aboutir à un allègement pérenne de sa dette".
La Bourse de Madrid, qui reculait aux alentours de 1 % peu avant l'annonce sur l'Espagne, a dévissé dans les derniers échanges. L'Ibex-35 s'est replié de 2,99 %. L'annonce de la dégradation du Portugal la veille avait entraîné une chute de 4,19% de l'indice des valeurs vedettes espagnol. Le Portugal et l'Espagne sont deux pays généralement cités par les observateurs comme victimes potentielles au sein de la zone euro d'un effet domino de la crise de la dette de la Grèce, un pays que l'UE et le FMI peinent à sauver.

 

Il y a le feu en Europe! 

 

Michel Barnier n'exclut pas une nouvelle crise. Le commissaire européen chargé des services financiers, Michel Barnier, a mis en garde mercredi 28 avril à Paris contre une possible nouvelle crise financière, après celle que traverse la Grèce. "Pour être tout à fait sincère, quand je vois le temps qui passe, je pense que ce temps nous rapproche d'une nouvelle crise", a déclaré Michel Barnier, qui s'exprimait lors d'une Réunion du "Club des 27". Ce club de réflexion rassemble des parlementaires nationaux de droite et de centre-droit de l'Union européenne. "Il y a beaucoup de 'bulles', immobilières ou financières, ici ou là, et une nouvelle crise que nous n'aurions pas anticipée, que nous affronterions sans tirer les leçons de la crise actuelle, sans s'être donné les outils de prévention, serait dévastatrice, pas seulement sur le plan budgétaire mais (aussi) politique", a-t-il dit. "Je suis inquiet de voir le temps qui passe", a ajouté Michel Barnier. "Il est très long. Le temps des marchés lui est beaucoup plus rapide que le temps politique" faisant allusion au retard pris par l'Union Européenne pour aider la Grèce.

Dernière minute : Angela Merkel est maintenant pressée. La chancelière allemande Angela Merkel a appelé, mercredi 28 avril, à "accélérer" les négociations en cours avec le gouvernement grec sur un redressement des finances publiques de la Grèce, afin d'activer le plus rapidement possible le plan d'aide au pays. Un revirement après beaucoup de tergiversations de la part de Berlin quant à sa participation à une aide éventuelle. Ce n'est pas de 45 milliards d'euros, mais de 100 à 120 milliards dont la Grèce aura besoin d'ici fin 2012, ont d'ailleurs affirmé des parlementaires allemands, mercredi à l'issue de rencontres à Berlin avec le président de la Banque centrale européenne (BCE) et celui du Fonds monétaire international (FMI). Un tel montant signifierait une contribution de l'Allemagne d'au moins 25 milliards d'euros sur trois ans, a déclaré le député social-démocrate Thomas Oppermann à l'issue de ces réunions. "Les 45 milliards d'euros dont il était question jusqu'à présent ne sont que le début", a commenté Jürgen Trittin, député vert. Une hypothèse difficile si l'on en croit un économiste qui estime que la Grèce ne pourra jamais rembourser.

Herman Van Rompuy convoque un sommet de l'UE. Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, a annoncé mercredi 28 avril qu'il allait convoquer un sommet des pays de la zone euro "autour du 10 mai" pour discuter de la crise grecque. "Sur la base d'un rapport qui sera finalisé dans les prochains jours, les chefs d'Etat et de gouvernement décideront de l'activation du versement de l'aide actuellement en discussions entre la Commission européenne, la BCE et le FMI, et bien sûr le gouvernement grec", a-t-il continué. Le président de l'Union européenne a également affirmé qu'il n'était "pas question de restructurer la dette" de la Grèce. "Les négociations se poursuivent", a déclaré Herman Van Rompuy. La Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) mènent actuellement une mission préparatoire en vue de venir en aide à la Grèce au moyen d'un programme de prêts.
Le FMI débloque 10 milliards d'euros supplémentaires. Dans le même temps, le FMI envisagerait de débloquer une aide financière de 10 milliards supplémentaires à la Grèce, selon le Financial Times de mercredi, amenant le montant total de l'aide du Fonds à 25 milliards d'euros. L'octroi de 10 milliards supplémentaire est l'objet de discussions, a indiqué au quotidien britannique un analyste financier à Athènes proche du dossier. Les 10 milliards d'euros supplémentaires, a-t-il précisé, seraient accordés sous forme d'un prêt sur trois ans. Le FMI n'a pas souhaité commenter l'information.

 

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