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La pression de Bruxelles et des marchés financiers sur l'Italie

Publié le par Daniel Sario

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Les bourses européennes ont ouvert dans le rouge ce mardi matin après l'annonce des résultats des législatives italiennes. Les gouvernements allemands et espagnols appellent Rome à ne pas dévier de la politique d'austérité instaurée par un Mario Monti installé au pouvoir par Bruxelles et les marchés en 2011, et balayé aujourd'hui dans les urnes.


A Berlin, les ministres du gouvernement Merkel se sont succédés pour appeler l'Italie a poursuivre "la politique de réforme et de consolidation" dont le pays a besoin, à l'image du ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle qui a souhaité voir "vite" un gouvernement "stable" afin de poursuivre la politique de réformes du pays "dans l'intérêt de toute l'Europe". Son collègue à l'Economie, Philipp Rösler, a enfoncé le clou: "Il n'y a pas d'alternative aux réformes structurelles déjà en cours et qui prévoient la consolidation du budget et la stimulation de la croissance." Même empressement à Madrid où Luis de Guindos, le ministre espagnol de l'Economie, a expliqué: "Nous espérons la formation d'un gouvernement stable. Ce qui est bon pour l'Italie est bon pour l'Espagne. En fin de compte, ce qui prévaudra, c'est la volonté politique de prendre les mesures nécessaires pour que l'Europe sorte de la crise."

Dettes publiques et banques dans le colimateur. Les capitales européennes sont sous la pression des marchés financiers. A leur ouverture ce mardi matin, la bourse de Paris a perdu 2,5% par rapport à la clôture de la veille, le Dax de Francfort 2%, Londres 1,4% et Milan 1,5%. Les gouvernants européens voient avec inquiétude le marché de la dette publique s'envolé pour certains pays. Les taux italiens ont immédiatement augmenté, flirtant avec les 5% à échéance 10 ans. L'Espagne se dit pour le moment en mesure de faire face aux soubresauts du marché de la dette après ses adjudications de la semaine dernière qui lui ont permis de lever près de 11 milliards d'euros. Quant à la France, elle surveille de prêt ses banques: BNP Paribas cédait 4,23% à 41,87 euros, Crédit Agricole 5,15% à 7,09 euros et Société Générale 4,84% à 28,37 euros.

Le même coup qu'en 2011? "De nouvelles élections pourraient être organisées", ce qui laisse entrevoir une grande instabilité et déplaît fortement au marché, commente Chris Weston, analyste chez IG. Celui-ci craint que ce scrutin mette en cause l'austérité budgétaire suivie par Rome. Les marchés n'aiment décidément pas les élections démocratiques. Déjà en 2011, alors que le gouvernement Berlusconi venait de démissionner, le Parti démocrate avait répondu aux attentes des financiers et de la troika (Union européenne, FMI, BCE) en choisissant la création d'un gouvernement d'union nationale chapoté par Mario Monti et des technocrates, plutôt que de se retourner vers le peuple italien et les urnes. La politique d'austérité pouvait ainsi s'appliquer.

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