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Le robot Curiosity s'est posé sur Mars

Publié le par PcfBalaruc

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Vue d'artiste de Curiosity à l'œuvre sur Mars. NASA/JPL-Caltech
Comme prévu, le robot à six roues Curiosity s'est posé lundi 6 août 2012 dans le cratère Gale de Mars à 7h31, heure de Paris. Première étape réussie pour cette mission à la recherche d'éventuelles traces (anciennes) de vie.

Lancée en novembre 2011, la mission Mars Science Laboratory de la NASA est parvenue à son point culminant : l'atterrissage du véhicule-robot surnommé Curiosity dans le cratère Gale, un processus délicat mettant en œuvre dans sa phase finale le déploiement d'un parachute, la mise en action de moteurs-fusées et la dépose délicate du robot par une sorte de porteur-grue, à l'aide de trois gros câbles qui sont ensuite sectionnés pour libérer le porteur. Curiosity est équipé de 12 instruments scientifiques (dont deux réalisés par des équipes françaises) : des spectromètres, des caméras, des minilaboratoires d'analyse... L'objectif de la mission est d'examiner le voisinage du robot (roches, sol, atmosphère) à la recherche d'indices liés à la présence passée ou présente d'environnements propices à la vie. John Grotzinger, le directeur scientifique de la mission Mars Science Laboratory, et Aswhin Vasavada, directeur scientifique adjoint  détaille cet évènement.

 

Déchiffrer la planète rouge. En science, tout commence souvent comme dans la série Star Trek : on explore des territoires encore vierges et on découvre des choses que l'on n'avait pas imaginées auparavant. Mais une fois les premières analyses terminées et une longue liste de questions dressée, on se retrouve plutôt dans Sherlock Holmes : il s'agit de formuler des hypothèses précises et d'imaginer des moyens de les vérifier. L'exploration de Mars est à la veille de cette transition. Les sondes en orbite ont établi des cartes topographiques et minéralogiques globales de la surface, et les atterrisseurs ont permis de reconstituer les grandes lignes de son histoire géologique. Il est temps de passer à des recherches plus pointues.
Notre équipe a construit le véhicule d'exploration Mars Science Laboratory, surnommé Curiosity, en supposant que Mars a jadis été une planète habitable. Ce «rover» embarque un laboratoire d'analyses pour tester cette hypothèse et déterminer ce qu'il est advenu des conditions propices à la vie qu'aurait connues la planète dans sa jeunesse. Pour l'essentiel, un environnement habitable comprend de l'eau, de l'énergie et du carbone. Les missions précédentes ont confirmé que de l'eau liquide était présente sur Mars par le passé. Elles ont également détecté des signes de gradients géochimiques susceptibles de fournir de l'énergie. Mais aucune trace de carbone sous une forme exploitable par des organismes vivants n'a été décelée.
Comme les missions Viking des années 1970, Curiosity est doté d'un chromatographe en phase gazeuse couplé à un spectrographe de masse capable d'identifier les composés organiques, qu'ils soient d'origine biologique ou non. Mais contrairement aux sondes Viking, Curiosity peut se déplacer, et il se posera dans un site bien plus prometteur. Et, plus que de trouver le carbone lui-même, la mission vise à comprendre comment chercher des traces de vie. Même sur Terre, nous ne savons pas exactement comment explorer les enregistrements géologiques pour dénicher de telles traces. Les caractéristiques qui font un environnement habitable (eau, oxydants, gradients chimiques et de température, etc.) tendent aussi à dégrader les composés organiques. Les paléontologues ont appris à rechercher les conditions qui facilitent la préservation, par exemple la minéralisation précoce. On sait que la silice, le phosphate, l'argile, le sulfate ou le carbonate séquestrent les substances organiques en précipitant. Les cartes minéralogiques établies par les sondes orbitales pour certains de ces minéraux autour du site d'atterrissage de Curiosity permettront de guider son exploration...

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