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Le tueur présumé de Chokri Belaïd arrêté en Tunisie

Publié le par Daniel Sario

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Un homme soupçonné d'avoir tué Chokri Belaïd, figure de proue de l’opposition de gauche tunisienne et son complice présumé ont été arrêtés lundi. Ils appartiennent à la mouvance radicale salafiste. Ce crime a plongé la Tunisie dans une profonde crise politique.


Le tueur présumé est un artisan de 31 ans et a été arrêté à Carthage, dans la banlieue de Tunis, selon deux sources policières interrogées. Le deuxième homme est soupçonné d'être le motard qui a permis la fuite du tireur le matin du 6 février après que Chokri Belaïd, un des leaders du Front populaire (regroupement de plusieurs partis de gauche et progressistes) et opposant virulent aux islamistes d'Ennahda au pouvoir, a été abattu à bout portant en bas de son domicile à Tunis. Les deux sources interrogées ont indiqué que les deux suspects appartiennent à la mouvance radicale salafiste et que leur arrestation avait été facilitée par le témoignage d'une femme qui a été placée sous protection policière. Selon la radio Mosaïque FM le tueur "a déjà avoué son implication dans le meurtre de Chokri Belaid et a confié qu'il a exécuté une fatwa qui appelait au meurtre" de cet opposant qui dirigeait un petit parti appartenant à une alliance de plusieurs mouvements de gauche et nationalistes, le Front populaire.
L'un de ces sources a précisé que le tueur était actif dans la Ligue de protection de la révolution (LPR) une milice brutale pro-islamiste, du Kram, une banlieue populaire de Tunis voisine de Carthage. La LPR a été accusée à de nombreuses reprises par l'opposition d'orchestrer des attaques contre des opposants ou des associations pour les intimider. Ses militants sont ainsi soupçonnés du lynchage à mort d'un représentant d'un parti d'opposition à Tatoutine (sud) à l'automne 2012 ainsi que de l'attaque qui a visé le siège du syndicat UGTT en décembre. La LPR du Kram a été aussi accusée d'avoir saccagé les locaux d'une association protégeant les droits des minorités en Tunisie, notamment ceux de la communauté homosexuelle.

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