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Lybie : risques d'une logique de guerre

Publié le par Pcfbalaruc

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La situation des combats et des objectifs clés en Libye.
Plusieurs pays, dont la France, ont lancé vendredi le compte à rebours d'une intervention militaire en Libye après le feu vert délivré par l'Onu et malgré l'annonce d'un cessez-le-feu par le régime de Mouammar Kadhafi 


Alors que les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont donné leur feu vert jeudi 17 mars à l'utilisation de la force contre le régime de Kadhafi, la mise en oeuvre d'une intervention militaire que la France déclarait imminente se faisait attendre vendredi. La Libye a annoncé dans la matinée la fin de ses opérations militaires et un cessez-le-feu, rejeté aussitôt par la rébellion. Les contacts diplomatiques se multiplient entre pays occcidentaux, africains et arabes pour tenter de trouver un accord sur les mesures à prendre. L'Union européenne dit vouloir «examiner» les détails de l'annonce de cessez-le-feu par le régime libyen. "Tout est prêt" pour une intervention, a déclaré vendredi 18 mars le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. La réunion de samedi permettra "d'analyser" les déclarations de Kadhafi.  Sur le terrain, la chaîne Al-Arabiya rapporte des bombardements sur Misrata, dernier bastion rebelle dans l'ouest et des combats aussi à Nalout et Zenten.


Explosion de joie la nuit dernière, à Benghazi. Il faut dire que la situation s’était considérablement tendue ces derniers jours et les Libyens qui passaient le poste frontière jeudi, expliquaient que les habitants de Benghazi voyaient vraiment leur dernière heure arriver. Un soulagement mêlé d’inquiétude quand même, parce que ce vote à l'ONU à New York a été précédé d’un discours particulièrement glaçant du colonel Kadhafi, dans lequel il affirmait qu’il n’allait pas tarder à frapper Benghazi. Il prévenait qu’il serait sans pitié et les habitants de l’est libyen savent très bien ce que cela veut dire. Maintenant il va falloir surveiller de très près l’activité des forces fidèles au régime de Tripoli. On sait qu’il y a eu des bombardements ce matin encore sur la ville de Misrata entre Tripoli et Syrte.


Les Etats-Unis veulent des actes pas des paroles. A la demande de cessez-le-feu des forces de Kadhafi, les Etats-Unis ont répondu qu'ils voulaient "des actes pas seulement des mots", a déclaré vendredi la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton. "Nous sommes au courant par la presse de l'annonce d'un cessez-le-feu par le gouvernement libyen", a déclaré Mme Clinton devant des journalistes. "La situation évolue rapidement. Nous n'allons pas nous laisser impressionner par des mots". De leur côté, les Européens sont parvenus vendredi à un accord de principe sur de nouvelles sanctions renforcées contre onze individus, notamment des membres du gouvernement libyen de Mouammar Kadhafi, et neuf nouvelles entités libyennes, a-t-on appris de sources diplomatiques. Ces sanctions - des gels d'avoirs et des interdictions de visa - devraient être adoptées formellement lundi par les 27 ministres des Affaires étrangères, et complétées dans les jours suivants par un train de sanctions supplémentaires afin de se conformer pleinement à celles décidées à l'ONU, ont indiqué ces diplomates.


La présidente du groupe CRC-SPG (communistes et Parti de gauche), Nicole Borvo Cohen-Seat, a demandé au Premier ministre "une réunion du Parlement" sur la Libye après la résolution de l'ONU permettant une intervention militaire. "Je demande une réunion du Parlement. On entend dire par le porte-parole du gouvernement que des frappes auraient lieu rapidement, cela veut dire intervention militaire, alors il est normal que le Parlement soit saisi pour avaliser ou non une opération militaire", a déclaré la sénatrice de Paris. "Il y a une différence entre dire on veut empêcher Kadhafi de faire tirer sur la foule ou on veut entrer en guerre pour faire tomber Kadhafi, comme en Irak au moment de Saddam Hussein, il faut que l'on sache ce qu'il en est", a-t-elle ajouté. 

 

Le PCF souligne les risques d'une logique de guerre. En adoptant, sous pression de la France et de la Grande-Bretagne, une résolution qui autorise une intervention militaire aérienne et des frappes ciblées, le Conseil de Sécurité prend le risque d'un engrenage en s'inscrivant dans une logique de guerre aux conséquences hasardeuses. Le Parti communiste français, qui n'a cessé d'exiger l'arrêt immédiat des opérations et de la répression militaires ayant déjà fait de nombreuses victimes civiles, réitère une fois encore sa condamnation du régime de Kadhafi et son plein soutien aux forces qui agissent pour la démocratie en Libye, avec le Conseil National de Transition. De lourdes questions se posent aujourd'hui. Toutes les possibilités d'aide directe ou par les États arabes à la rébellion ont-elles vraiment été étudiées? Est-ce vraiment la protection du peuple libyen que cherchent les puissances occidentales? Des experts, des journalistes expliquent déjà qu'il faudra envoyer des forces spéciales au sol et que l'objectif est de faire tomber le régime de Kadhafi...
Le Parti communiste français, dans ces graves circonstances, rappelle le désastre des guerres en Irak et en Afghanistan qui furent chaque fois déclenchées au nom de la protection des populations et de la démocratie. Il exprime son inquiétude profonde devant une telle situation. Il appelle à la plus grande vigilance. Il s'étonne enfin par ailleurs du silence complice qui entoure au même moment la répression du mouvement populaire au Barheïn.

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