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Nuit "de la mise en garde" en Egypte

Publié le par Daniel Sario

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Des opposants à Mohamed Morsi manifestent au Caire près du palais présidentiel, le 4 décembre 2012

Des dizaines de milliers d’Egyptiens ont manifesté mardi soir contre la dérive autoritaire du président Morsi. Ils ont encerclé le palais présidentiel où ils se sont affrontés avec les forces de l’ordre, forçant temporairement le chef de l’Etat à fuir.


Mohamed Morsi a pu revenir ce mercredi matin au palais présidentiel du Caire, après avoir fuit mardi soir pour échapper aux milliers de manifestants mobilisés. Des opposants qui voulaient adresser une "dernière mise en garde" à Mohamed Morsi, ont réussi à forcer des cordons de sécurité près du palais et sont arrivés devant le bâtiment malgré les gaz lacrymogènes lâchés par les forces de l'ordre. "Le peuple veut la chute du régime", "Dégage, dégage !", scandaient les protestataires, dont certains agitaient des drapeaux égyptiens portant l'inscription "Non à la constitution".  Quelques centaines de manifestants se sont par ailleurs réunis près du domicile du chef de l'Etat, situé dans une banlieue ouest du Caire, où ils ont scandé des slogans hostiles au décret du 22 novembre et aux Frères musulmans. Toute la nuit, ces deux lieux ont été occupés par des centaines de manifestants. "Avertissement final, la présidence assiégée" titrait ce mercredi le quotidien Al-Chourouq, tandis que le journal indépendant Al-Watan a évoqué une "Révolution sur le palier du président". Des militants ont lancé un appel via les réseaux sociaux pour récupérer des couvertures et de la nourriture afin de soutenir les protestataires qui ont affirmé qu'ils ne quitteraient pas les lieux tant que le président Morsi n'aura pas renoncé à ses pouvoirs élargis par le décret du 22 novembre.

"L’opposition est une force avec laquelle il faut compter". Des opposants au président ont aussi manifesté à Alexandrie (nord) et dans les villes de Sohag et Minya (centre). Plusieurs autres milliers, plus politiquement organisés autour de partis laïques et progressistes, et des organisations professionnelles comme le club des juges, se sont également réunis sur la symbolique place Tahrir. "La présidence croit que l'opposition est trop faible et impuissante. Aujourd'hui c'est le jour où nous leur montrons que l'opposition est une force avec laquelle il faut compter" explique l’un deux. "Nous ne pardonnerons pas" aux juges qui superviseront le vote a lancé le président du club des juges. Ce référendum a pour but d’entériner le projet de Loi fondamentale, adopté en toute hâte par la commission constituante dominée par les islamistes (Frères musulmans et Salafistes), et qui pose de réels problèmes pour les libertés individuelles et ouvre la voix à une application plus stricte de la Charia. Les Egyptiens sont appelés à se prononcer le 15 décembre.

 

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