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Profits : comment le CAC 40 essaie de tirer son épingle du jeu

Publié le par PcfBalaruc

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Sur les 31 sociétés ayant déjà publié leurs résultats, 29 sont bénéficiaires et 15 affichent des résultats en progrès. Décryptage de leurs stratégies pour préserver les profits, rémunérer le mieux possible les actionnaires, et leurs conséquences. Par Pierre Ivorra 

«Les groupes du CAC 40 rassurent», titrait mardi le quotidien des affaires les Échos. Effectivement, dans un contexte économique tourmenté, marqué par la crise en zone euro, les principaux groupes français parviennent malgré tout, pour nombre d’entre eux, à tirer leur épingle du jeu au 1er semestre de cette année. Qu’on en juge. Sur les 31 sociétés ayant déjà publié leurs résultats, 29 sont bénéficiaires et 15 affichent des résultats en progrès. Le cru 2012 s’annonce certes inférieur à celui de 2011 (34 milliards d’euros pour ces 31 sociétés contre 40 milliards en 2011) mais supérieur à la récolte 2010 (32 milliards). Comme à l’habitude, le groupe pétrolier Total a décroché la médaille d’or des profits avec 5,3 milliards d’euros obtenus au cours de ces six premiers mois. Si son résultat est en recul, c’est en raison notamment de la baisse des cours du pétrole. Certes, en 2011, il avait pu afficher un bénéfice plus élevé, de 6,7 milliards, mais au final, il parvient à obtenir un résultat équivalent à celui des six premiers mois de 2010. Il est suivi par le groupe bancaire BNP Paribas (4,7 milliards), Sanofi-Aventis (3 milliards), EDF (2,8 milliards), Axa (2,6 milliards), GDF Suez (2,3 milliards), France Télécom et LVMH (1,7 milliard)...


Le top du top des progressions est réalisé par le roi du médicament, Sanofi-Aventis, qui accumule un résultat de 3 milliards d’euros, en hausse de 774 millions et de 35 % par rapport à la même période de 2011. Mais cette profitabilité récurrente du géant pharmaceutique tient au fait qu’il prospère sur un marché administré, soutenu par des systèmes publics de santé. Autre groupe qui bénéficie d’un environnement particulier, LVMH, dont le bénéfice croît de 371 millions d’euros et de 28 %. Le luxe résiste bien à la crise ! Attention, cependant, aux sociétés qui affichent des bénéfices en baisse car il y a des reculs très relatifs. Ainsi, chez GDF Suez le bénéfice net part du groupe s’élève à 2,3 milliards d’euros contre 2,7 milliards au 1er semestre 2011, mais celui-ci était « boosté » par 595 millions d’euros de plus-values. Ces résultats interviennent dans un contexte guère favorable. Toutes les grandes organisations internationales, la Commission européenne, l’OCDE, le FMI s’inquiètent de l’évolution de la croissance dans le monde. À la mi-juillet, le Fonds monétaire international a révisé à la baisse ses prévisions. Il annonce que dans la zone euro « la croissance du PIB (...) devrait être de 0,3 % en 2012 et de 0,9 % en 2013 ». En France, elle stagnerait, n’augmentant que de 0,3 % en 2012 et de 0,8 % en 2013. Phénomène nouveau, le PIB décélère en Chine, en Inde, au Brésil, en Afrique du Sud, même s’il continue de s’afficher à 7, 8, ou 10 %.

Quels sont les « trucs » des cracks du CAC ? Quels sont donc les « trucs » des cracks du CAC pour tenter de s’en sortir au milieu de cette crise de leur propre système, provoquée par leurs propres choix de gestion et par le soutien que leur accordent les gouvernements des grands pays capitalistes ? lls sont variés mais ont tous un objectif commun : réduire le coût du travail (pressions sur les salaires et réductions d’emplois) afin de redresser la rentabilité des capitaux. Tous les groupes du CAC essaient d’accroître leurs implantations aux États-Unis et chez les émergents, mais ils s’internationalisent le plus souvent en réduisant leurs activités et leurs emplois en France et en Europe au lieu d’en faire un moyen de développement partagé. PSA Peugeot Citroën et Renault en sont l’illustration la plus éloquente. Hélas, ils ne sont pas les seuls. Sanofi-Aventis a racheté la société américaine de biotechnologies Genzyme pour plus de 15 milliards d’euros et, en parallèle, entend réduire ses effectifs dans la recherche en France.

Des stratégies avec des effets désastreux. Fin juin 2012, GDF Suez a finalisé sa mainmise sur International Power, société énergétique britannique en s’endettant et en cédant des filiales. EDF vient de s’emparer de l’italien Edison, Axa se développe à Hongkong, en Chine, à Singapour, au Mexique. Pour réduire une dette contractée à l’occasion d’opérations financières du même acabit, Veolia Environnement veut céder sa filiale de transport, Transdev. Cette stratégie a des conséquences désastreuses en France et en Europe. Les plans de restructuration, les suppressions d’emplois se multiplient. Le gouvernement, la majorité de gauche ont les moyens de s’y opposer. Des projets de loi interdisant les licenciements boursiers sont avancés. Un arsenal législatif peut être mis en place, par exemple en assortissant les aides publiques à des contreparties en matière d’emploi. Beaucoup va cependant dépendre de la mobilisation des salariés et des populations.

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