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Sanofi : la recherche pharmaceutique française sacrifiée à la Bourse

Publié le par PcfBalaruc

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Hier à Toulouse, au pays du rugby, les personnels de Sanofi expriment leur colère par un Haka. 

Le profit brille, les emplois brûlent… Il y aura bien un plan social dans la recherche chez Sanofi. Hier, 500 salariés ont manifesté leur colère devant le siège de Chilly-Mazarin. Par Alexandra Chaignon 

«Sanofi fabrique des médicaments, pas des licenciements». Les 500 salariés de Sanofi venus manifester hier devant le siège du pôle recherche et développement (R&D) pharmaceutique du groupe, à Chilly-Mazarin (Essonne), n’ont pas été surpris des annonces faites à l’occasion d’un comité d’établissement extraordinaire (CEE). Sanofi a «confirmé qu’il y aurait bien un plan de sauvegarde de l’emploi dans la recherche». «Et à la question : “Le site de recherche de Toulouse a-t-il un avenir au sein du groupe”, la direction a refusé de répondre. Cela veut tout dire», a réagi à chaud Thierry Bodin, coordinateur CGT chez Sanofi, qui évalue à environ un millier les suppressions d’emplois dans la R&D.
«Toulouse, 600 personnes au placard, les actionnaires au caviar». Pour la cinquantaine de salariés qui ont fait le déplacement depuis le site toulousain, c’est «inadmissible». «La direction n’a pas assez de retour sur investissement. Depuis trois ans, on nous demande de nous ouvrir vers l’extérieur et de nouer des partenariats. On l’a fait. On vient même de signer un contrat avec la recherche publique. Mais sous prétexte que trois mois après, cela ne donne pas encore de résultats, Sanofi s’en va… C’est honteux », s’emporte Pascal Delmas, délégué CFDT du site de Toulouse.

 

Le gouvernement doit reconnaître l'intérêt public des sites de recherche. «On voudrait placardiser la recherche qu’on ne s’y prendrait pas autrement», résume Francis Lobbé, coordinateur CFTC Sanofi, chiffres en main. «En 2009, Sanofi a alloué 325 millions d’euros à la recherche. En 2011, on est tombé à 124 millions. C’est bien moins que les frais de restructurations, qui s’élèvent à plus d’un milliard d’euros par an depuis trois ans.» Chercheuse sur le site de Toulouse, élue SUD chimie et secrétaire adjointe au CE, Laurence Millet s’inquiète particulièrement pour ses collègues : «On nous dit que le groupe va se désengager, mais derrière, c’est plein d‘interrogations. Du coup, les gens brodent. Et les risques psychosociaux explosent. Depuis la semaine dernière, on a deux psys sur le site. Leur bureau ne désemplit pas.» La veille du CEE, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, a indiqué que la «restructuration de Sanofi devait passer par un “accord” avec les organisations syndicales». Une déclaration trop légère aux yeux de la CGT. «Nous ne voulons pas faire dans l’accompagnement de la fermeture. Ce que nous attendons du gouvernement, c’est qu’il reconnaisse l’intérêt public des sites de recherche et interdise ce désengagement», insiste Thierry Bodin.

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