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Semaine décisive pour le maintien de l'aide alimentaire européenne

Publié le par Daniel Sario

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Le Conseil européen de jeudi et vendredi prochains doit décider du sort du fonds destiné à l’aide alimentaire. Les associations caritatives se mobilisent ce lundi dans toute la France. Par Laurent Mouloud

C’est la dernière ligne droite. Alors que le Conseil européen décidera, jeudi et vendredi, du sort du Programme européen d’aide aux plus démunis (Pead), les associations d’aide alimentaire (Banque alimentaire, Croix-Rouge, Restos du cœur et Secours populaire) mettent la pression en organisant, aujourd’hui, une mobilisation exceptionnelle pour sauver ce dispositif qui permet de distribuer des repas à 18 millions de personnes en Europe, dont 4 millions en France. Aux alentours de midi, dans une douzaine de grandes villes (Paris, Montpellier, Lille, Dijon, Bordeaux, Limoges, Clermont-Ferrand, Caen…), bénévoles et citoyens se sont invités à venir faire semblant de manger dans une assiette pleine de vide… Un « airfood » géant destiné à interpeller les dirigeants européens. «Car si le Pead disparaît, dans quelques mois, 18 millions d’Européens ne feront plus semblant», alertent les associations. Créé en 1986, le Pead était financé jusqu’ici par le biais des surplus de la politique agricole commune (PAC), pour quelque 500 millions d’euros par an, soit 1 % du budget de la PAC. Une somme répartie entre les États et qui représente une part importante de l’aide apportée par les associations. Pour la France, c’est un tiers des distributions, soit 130 millions de repas par an. Pour la Pologne, cela monte à 80 %.

116 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté… Mais voilà. En 2009, sept pays européens, dont l’Allemagne, ont dénoncé ce Pead, jugeant notamment que cette aide ne devait pas être prélevée sur le budget de la PAC. La Cour européenne de justice leur a donné raison et a condamné le Pead dans sa forme juridique actuelle. Où en est-on ? Après des mois de bras de fer, les institutions européennes ont fini par plancher sur un nouveau dispositif, baptisé Fonds européen d’aide aux plus démunis (Fead). Un fonds qui ne se limite plus à l’aide alimentaire et qui serait inclus dans le Fonds social européen. Pour Marie-Arlette Carlotti, la ministre déléguée à la Lutte contre l’exclusion, « ce projet a le mérite d’apporter une pérennité et de reconnaître que l’aide alimentaire est une composante importante de la solidarité ».

Montants insuffisants. Seul problème : l’enveloppe de ce nouveau fonds, décidée lors du Conseil européen des 7 et 8 février, pourrait être inférieure à 2,5 milliards d’euros sur la période 2014-2020. Soit une diminution de plus de 25 % par rapport à la somme allouée jusqu’à présent à la seule aide alimentaire ! Et ce, alors que la misère ne cesse de progresser en Europe, avec 116 millions de personnes vivant actuellement en dessous du seuil de pauvreté…
« Les montants proposés sont insuffisants, a estimé la semaine passée, au nom du groupe PS, la députée Seybah Dagoma. L’inclusion dans le programme de dimensions nouvelles (...) doit donner lieu à des financements complémentaires.» Pour le député du Parti communiste, André Chassaigne, c’est avant tout une question de morale politique. «Peut-on admettre, alors qu’on a trouvé des milliards pour les banques, qu’on ne trouve pas les milliards nécessaires quand la pauvreté augmente en Europe ?» interroge l’élu. Pour le Secours populaire, c’est clair : «Toute négociation budgétaire tolérant un niveau en dessous du niveau actuel – 3,5 milliards sur sept ans – serait un échec.» Une somme qui ne représente qu’1 euro par an et par Européen.

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