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Venezuela : une claque pour Obama, un succès de plus pour Chavez

Publié le par Daniel Sario

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L'opposition vénézuélienne accuse le coup après les élections "régionales": une nouvelle avancée du chavisme sans la présence physique du président. Par Bernard Cassen

Au Venezuela, les citoyens ont répondu à leur manière à Barack Obama qui, à la veille des élections régionales du 16 décembre, avait fustigé sur une chaine de télévision américaine «les politiques autoritaires de Chavez par le passé, sa répression des opinions contraires». Il avait en outre précisé, comme si ce n’était pas actuellement le cas, que «l’avenir du Venezuela doit être entre les mains du peuple vénézuélien». Le peuple vénézuélien l’a pris au mot : sur les 23 Etats que compte le pays, 20 (contre 18 auparavant) seront désormais dirigés par des gouverneurs issus du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), la formation politique du président.
L’opposition de la Table de l’unité démocratique (MUD) perd deux Etats stratégiques qu’elle détenait, celui de Tachira et celui de Zulia, le plus peuplé du Venezuela et celui où se concentre la majeure partie de l’industrie pétrolière, autour du golfe du Venezuela et du lac de Maracaibo. Surtout, ces deux Etats sont limitrophes de la Colombie, et c’est par eux que passent les trafics en tout genre (principalement la contrebande d’essence et de bétail), ainsi que les incursions de paramilitaires colombiens. En reprenant le contrôle de ces territoires, la Révolution bolivarienne va pouvoir mettre un terme à une hémorragie économique et commerciale contre laquelle les gouverneurs précédents n’avaient guère fait d’excès de zèle… Par la même occasion, elle va renforcer la sécurité d’une zone frontalière particulièrement sensible.
La principale leçon de la victoire des candidats du PSUV (même si le taux d’abstention s’est élevé à 46 %) est que la Révolution bolivarienne est solidement implantée dans la population, que la plupart de ses acquis sont difficilement réversibles, et qu’elle n’est donc plus entièrement liée au destin d’un seul homme, si exceptionnel qu’il soit. De La Havane où il se remet de sa quatrième opération, après avoir – à toutes fins utiles – désigné Nicolas Maduro comme celui qui devrait lui succéder en cas d’incapacité d’exercer ses fonctions, Hugo Chavez trouvera dans les résultats de ce scrutin un puissant motif de satisfaction et – on le lui souhaite – une motivation supplémentaire pour une prompte guérison.

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