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Climat : le GIEC enfonce le clou

Publié le par Daniel Sario

Rien ne bouge et pourtant tout change : le cinquième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental d’évaluation du climat (GIEC) rendu public ce matin enfonce le clou planté par ses prédécesseurs. Non seulement, il confirme la tendance à la hausse du réchauffement global, mais il renforce ses certitudes sur le fait que l’activité humaine explique en très large partie (à plus de 50%) ce bouleversement climatique. Décrytage par Marie-Noëlle Bertrand


Températures atmosphériques passées. Le résumé aux décideurs adopté cette nuit par l’assemblée plénière du GIEC (elle rassemble scientifiques et représentants des gouvernements, lire l’Humanité de ce vendredi) le confirme : la température moyenne du globe a augmenté depuis 1880. Jusqu’alors, on évaluait la hausse à +0,74°C. Les nouvelles conclusion estiment désormais que l’atmosphère s’est globalement réchauffée de 0,85°C en 130 ans. Chacune des trois dernières décennies a été successivement la plus chaude, à la surface de la Terre, depuis 1850 (période à laquelle remontent les premiers relevés de températures).
Températures atmosphériques projetées. La tendance devrait se poursuivre. Comme dans le dernier rapport, quatre scénarii, allant du plus optimiste au plus pessimiste, ont été élaborés pour modéliser les climats du futur. La méthode d’approche, en revanche, a changé : jusqu’à présent, les économistes envisageaient différentes trajectoires de développement possible, en fonction de données démographiques ou encore de choix énergétiques variables. Ils en déduisaient un certain niveau d’émissions de gaz à effet de serre (on parle communément du dioxyde de carbone, le fameux CO2). Ces niveaux d’émissions étaient ensuite traduits par les climatologues en niveaux de concentration de CO2 dans l’atmosphère, lesquels déterminent in fine le forçage radiatif, soit le bilan énergétique de la Terre lequel induit le niveau de réchauffement. Pour une question d’efficacité, la démarche a été inversée : les scientifiques ont pris pour point d’entrée des niveaux de concentration de CO2, à partir desquels ont été calculées parallèlement les niveaux d’émissions correspondant, les trajectoires socio-économiques que celles-ci impliquent et leur impact sur le climat et l’environnement. Reste que chacun des scénarii avance un schéma général comparable à son prédécesseur. Seules les fourchettes se précisent.
Le GIEC relève ainsi. Au cours de la période 2081-2100, la température globale devrait «probablement» croître, selon le scénario le plus optimiste, de 0,3°C à 1,7°C par rapport à la période 1986-2005. Le scénario le plus pessimiste avance une hausse, pour cette même période, comprise entre 2,6°C et 4,8°C. Dès la période 2016-2035, autrement dit dès maintenant, les températures pourraient croître de 0,3°C à 0,7°C, toujours par rapport à 1986-2005. Ramené à la hausse des températures depuis l’aire préindustrielle (moitié du 19ème siècle), voilà ce que cela donne : trois scénarii estiment, avec un niveau de confiance élevé, «probable  ou plutôt probable», que les températures augmenteront de 2°C ou plus d’ici la fin du 21ème siècle. Un seul, le plus sobre, juge cette perspective « peu probable », mais le niveau de confiance que lui accordent les scientifiques est également plus faible.
Réchauffement des océans. La température globale des océans continuera de se réchauffer au cours du 21ème siècle, avance le résumé aux décideurs présenté par le GIEC. La chaleur pénètrera plus profondément dans les eaux et affectera les courants. Le plus fort réchauffement en surface est envisagé dans les régions tropicales et subtropicales de l’hémisphère Nord. Les meilleures estimations pour les 100 premier mètres de profondeurs tablent sur une fourchette de +0,6°C à 2°C d’ici 2100. Pour les 1000 premiers mètres, elles tablent sur une fourchette de +0,3°C à +0,6°C.
Elévation du niveau des mers. Tous les scenarii le confirment : l’élévation du niveau des mers va se poursuivre. Elle est même revue globalement à la hausse, prenant désormais en compte la fonte des glaces arctiques. Envisagée jusqu’à présent dans une fourchette comprise entre 18 et 59 centimètres d’ici la fin du siècle et par rapport à la période1986-2005, le GIEC estime désormais que le niveau des mers devrait augmenter de 26 cm à 55 cm pour le scénario le plus optimiste, mais de 52 cm à 98 cm pour le plus pessimiste. Celui- estime également que cette hausse devrait s’observer à un rythme de 8 à 16 mm par an.
L’influence des activités humaines. Le 4ème rapport estimait avec une certitude de 90% la part anthropique – c’est à dire celle liée à l’activité humaine – dans le phénomène de réchauffement global. Le 5ème estime quant à lui «extrêmement probable» à 95% qu’elle soit responsable de plus de 50% du réchauffement. Autre formulé, «la preuve de l’influence humaine a augmenté depuis le (quatrième) rapport (…). Il est extrêmement probable que plus de la moitié des hausses de températures observées en moyenne de 1951 à 2010 ont été causé par la hausse anthropique de la concentration des gaz à effet de serre», combinées à d’autres facteurs de forçages, eux aussi d’origine anthropiques.

 

Climat : le GIEC enfonce le clou

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