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Le canal du Midi fait la manche

Publié le par Daniel Sario

Pour abattre et remplacer les platanes malades du canal du Midi, Voies navigables de France font appel à la générosité des particulier, pour remédier au désegagement de l'Etat. Par Bruno Vincens

Les platanes du canal du Midi ont un ennemi mortel: le chancre coloré. Le champignon responsable de cette maladie se propage d’arbre en arbre et les condamne inexorablement, décime les frondaisons. Les platanes, qui façonnent le paysage tout le long du canal, de Toulouse à Sète, vont disparaître: il n’existe pas à ce jour de solution au chancre coloré. Celui-ci va défigurer l’œuvre de Pierre Paul Riquet, classée par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité. Il faut donc abattre les arbres. Et les replanter.

200 millions sur 20 ans. Sur les 42.000 platanes qui bordent le canal, 4.000 ont déjà été abattus par Voies navigables de France (VNF), gestionnaire de l’ouvrage. Les 38.000 arbres encore debout, s’ils ne sont pas encore atteints par la maladie, le seront un jour. Ils n’échapperont pas à la tronçonneuse. A leur place pousseront des arbres de différentes espèces, et pas seulement des platanes, afin de freiner la propagation des maladies : chênes, copalmes d’Orient, pacaniers… Cette immense opération d’abattage-replantation a un coût : 200 millions d’euros sur vingt ans. Or l’Etat, propriétaire du canal du Midi, et VNF ne veulent prendre en charge que le tiers de la somme. Des discussions sont en cours pour que les collectivités territoriales s’acquittent du deuxième tiers. Et pour le troisième tiers, il est fait appel à «des financements innovants». Selon Marc Papinutti, directeur général de VNF, les agences de l’eau seront sollicitées. Il est aussi question d’augmenter les péages pour les embarcations empruntant le canal. Mais tout cela n’est pas encore suffisant. D’où un appel aux dons auprès des entreprises et des particuliers. «Nous avons fait des études, poursuit Marc Papinutti. Nous pouvons recueillir 10 millions d’ici cinq ans, 30 millions d’ici quinze ans. Il y a un très fort attachement des citoyens au canal.» Des entreprises ont déjà été approchées. Quant aux particuliers, ils peuvent verser dix euros ou plus.

"Mécénat populaire". Après la restauration du dôme du Panthéon, le canal du Midi fait lui aussi appel au «mécénat populaire». Alors que l’Etat se désengage, la sauvegarde des trésors légués par l’Histoire ou la nature va-t-elle dépendre de la générosité des particuliers ? Seront-ils un jour sollicités pour préserver les châteaux de la Loire ou le mont Saint-Michel?

Le canal du Midi fait la manche

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