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Mouvement social : la volonté d'unité d'action et d'ancrage dans le durable l'emportent

Publié le par Daniel Sario



Les huit organisations syndicales (Cgt, Cfdt, Fo, Cftc, Cfe-Cgc, Fsu, Solidaires, Unsa) ont décidé lundi d'organiser deux nouvelles journées de mobilisation le mardi 26 mai et le samedi 13 juin afin de donner une suite à leur mobilisation unitaire historique du 1er Mai et à leurs précédentes journées d'actions, de grèves et de manifestations des 29 janvier et 19 mars. Tentative d'analyse. 

Réunis lundi au siège de la Cftc, les huit organisations syndicales signataires de la plateforme revendicative du 5 janvier ont débattu durant près de cinq heures de la suite à donner aux journées du 29 janvier, 19 mars et 1er Mai. Soucieuses de maintenir leur unité et leur détermination face à un gouvernement qui biaise tout en restant campé sur ses positions, les centrales syndicales envisagent deux nouvelles journées nationales de rassemblement : le mardi 26 mai avec des initiatives d'actions décentralisées et le samedi 13 juin qui sera l'occasion de nouvelles manifestations de masse.  Par ailleurs, les organisations syndicales ont indiqué qu'elles formuleraient dans les prochains jours des propositions sur lesquelles elles "attendent des réponses rapides du gouvernement et du patronat". Par là, elles entendent certainement aussi  répondre aux manoeuvres dilatoires et autres tentatives de division à partir d'effets d'annonce, comme par exemple l'offre de réflexion d'Hortefeux, le ministre du travail, à Jean-Claude Mailly, sur la durée d'indemnisation du chômage.

A crise durable, rapports de forces permanents

Du côté du gouvernement, le même Hortefeux,  a réitéré son discours sur "la porte qui est toujours ouverte" pour  "le dialogue social durable, constant, permanent, sans tabous" . En réalité la porte restera fermée jusqu'à fin juin, quand le chef de l'Etat  décidera de tirer la chevillette pour, "une évaluation des mesures gouvernementales prises depuis le 1er avril".  Si l'on s'en tient à cette déclaration, il ne serait même plus question de discuter du fameux plan de relance de l'économie lancé fin 2008, preuve de son inefficacité, sauf à continuer de nourrir la spéculation financière, les licenciements et les fermetures d'entreprises.

Nicolas Sarkozy, qui ne souhaite plus communiquer directement sur le mouvement social, a fait savoir par l'intermédiaire de son conseiller en matière sociale, Raymond Soubie, qu'il n'"entendait pas changer de politique" et aurait perçu avec le 1er Mai "une usure des journées nationales à répétition".

Avec ces deux journées d'action, les organisations syndicales montrent qu'elles ne comptent pas attendre le rendez-vous élyséen les bras croisés, mais elles doivent aussi se préparer à toutes les éventualités, y compris l'obligation de passer l'été. La grève générale préconisée par Force ouvrière (24 heures) et Solidaires (reconductible) n'a pas été retenue au profit d'une statégie de mobilisation ancrée dans l'espace, le temps et l'unité soutenue par la Cgt et les autres centrales syndicales.

Dans un entretien à l'Humanité-Dimanche qu'il convient de bien analyser, Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la Cgt explique :"ce qui compte pour la cgt c'est de trouver la formule qui va permettre au maximum de monde de se mobiliser. (...) Ce qui fait la validité de l'action, c'est l'adéquation entre le contenu, la forme et la modalité qui permet au plus grand nombre de se reconnaître, d'y participer et de créer un rapport de forces durable. La Cgt fera tout pour que ce rapport de force aille le plus loin possible. parce que si Nicolas sarkozy a pu penser, au lendemain du 29 janvier, qu'il allait en terminer avec ce mouvement avec le sommet social du 18 février, l'action du 19 mars plus forte que le 29 janvier, l'a mis dans une situation difficilement maîtrisable". Et elle souligne : "il doit être clair pour tout le monde que la Cgt proposera, avec l'intersyndicale, de faire durer le rapport de forces au-delà de l'été".

S'agit-il d'un point de vue partagé au sein de l'intersyndicale ? "Oui , répond la dirigeante de la Cgt, parce que toutes les organisations syndicales estiment que nous sommes dans une crise durable et que comme on est sur l'idée qu'il ouvrir des espaces de négociation au fur et à mesure que la crise pose de nouveaux enjeux, il faut des rapports de forces permanents, et il faut concevoir des formes d'action qui ne nous mettent jamais dans l'idée d'une action sans lendemain".

Autant s'y préparer, et Sarkozy aussi, il n'y aura pas de lutte finale, comme dit la chanson, mais un harcèlement permanent. Il faudra avoir les nerfs solides.

 

 

 

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