Européennes à Balaruc: 70 personnes à la réunion publique du Front de gauche

Dans trois semaines, le dimanche 7 juin, les Français comme leurs homologues des 27 pays formant l'Union européenne, sont appelés aux urnes pour élire leurs euro-députés. Le Comité de soutien au Front de gauche qui regroupe à Balaruc une quarantaine de personnes a organisé jeudi une réunion publique où étaient conviés Francois Liberti pour le Parti communiste et Yvon Sufert pour le Parti de gauche. L'occasion pour eux de rappeler que Bruxelles n'était pas si loin de chez nous.
Dans la salle de la Maison du peuple où 70 personnes ont pris place, les avis convergent sur un constat : "les élections européennes ? La télé n'en parle pas beaucoup et encore moins du Front de gauche". Ces élections feraient-elles peur ? C'est probable après le dénouement inattendu du 29 mai 2005 et le rejet populaire du Traité constitutionnel. Mais ici, à Balaruc où le "Non" l'emporta par 67% des suffrages exprimés, il y a sans doute quelque chose à faire pour réveiller les souvenirs et les consciences. "Il faut renouveller le "Non" à l'Europe libérale en allant plus loin" explique François Liberti. "La seule force politique héritière du "Non" et en concordance avec le mouvement social actuel c'est le Front de gauche, c'est la raison pour laquelle on veut nous passer sous silence".
C'est que le Front de gauche qui se compose, rappelons-le, des communistes, du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon (des socialistes qui ont quitté le PS lors du dernier congrès) et de la gauche unitaire (issue du NPA de Besancenot après le refus de celui-ci de s'allier au Front de gauche) ainsi que de citoyens, de syndicalistes et de militants associatifs, ne compte pas s'en tenir au scrutin européen. "Nous sommes unis pour ouvrir une vraie perspective politique" souligne Liberti, en insistant : "Dans le Front de gauche, nous partageons les mêmes idées sur le refus du libéralisme et du Traité de Lisbonne. Donc, le vote utile c'est nous, ce n'est pas le Parti socialiste qui appelait à voter "Oui" au Traité constitutionnel, puis qui a permis l'adoption de sa copie conforme, le Traité de Lisbonne, en s'abstenant, lorsque Sarkozy l'a soumis à l'Assemblée nationale".
Ce scrutin doit permettre d'adresser un carton rouge à Sarkozy. "Non seulement, lui et les siens ont bafoué le suffrage universel, mais en plus toutes ses réformes -dont il n'y en a aucune qui ne mette les gens dans la rue-, sont adossées au Traité de Lisbonne" martèle l'ancien député du Bassin de Thau. Et là l'Europe n'est pas loin. "L'essentiel de notre vie quotidienne se décide à Strasbourg, faudrait-il s'abstenir ? C'est tout ce qu'il demande' soulignera Yvon Sufert.
Dans la salle, il y a du répondant et l'envie de ne pas rester en dehors des décisions qui se prennent à Bruxelles, ce qui amènera de bons arguments. Par exemple, sur "l'efficacité des députés de la Gauche unitaire européenne quand il fallut repousser le projet de loi sur les 65 heures de travail hebdomadaire". Comme quoi, le score du Front de gauche aura son importance dans l'hémicycle européen quand il s'agira de combattre des lois antisociales.
Pour les prochains jours, le Comité de soutien balarucois au Front de gauche s'est fixé l'objectif de mobiliser l'électorat qui s'est prononcé pour le "Non" en 2005. "Ils ont bafoué le suffrage universel, ils ne veulent pas de nous à la télé, soyons présents massivement dans les urnes" résumait Marc Bruyère, l'un des responsables du Comité balarucois.