Fête de l'Huma grand Sud : La preuve par mille que l'Europe peut passionner
Le débat sur l'Europe, avant le meeting, a rassemblé beaucoup de monde
Avant le meeting avec Jean-Luc Mélanchon, la fête de l'Huma, samedi au parc des Expositions de Fréjorgues, proposait un débat contradictoire sur les élections européennes. Un succès que cette confrontation d'idées inédite. Dommage que la parole n'ait pas été donnée au public qui avait beaucoup de chose à dire. Le reportage d'Annie Menras dans l'Hérault du jour.
Fidèle à elle-même, hier samedi, la fête de l'Huma grand Sud. Un monde en miniature. Ici le stand du PC irakien, là Montpellier Cuba ou France El Djazaïr, plus loin les stands de solidarité à la Palestine. Le PCF est là et bien là comme le Parti de gauche ou le journal Motivés. L'Hérault du jour à son stand et la Retirada se rappelle au souvenir de l'héroîsme des républicains espagnols. A la guinguette, on débat avec François Liberti qui revient de palestine.
Il est à peine 16h que les politiques -tous des hommes- invités au débat sur les élections européennes arrivent. Un défi d'ouverture pour les organisateurs, de courage pour ceux qui savent s'adresser à une salle qui ne partage pas leurs opinions. Invité à la retenue, le public saura marquer ses soutiens et presque toujours rentrer ses colères.
Pierre Laurent, coordinateur du PCF, se lance sur le thème de l'abstention. "Elle est, dit-il, qouhaitée par ceux qui ne cessent de nous répéter que les Européennes n'intéressent pas les gens". Il parle de la crise dont l'origine est "dans l'accumulation financière et l'écrasement des salaires" et estime qu'en votant Front de gauche, les électeurs enverront deux messages : "stop aux politiques libérales, oui à la réorientation de leurs politiques. Le Front de gauche permettra de prolonger les luttes sociales et de se donner de la force pour la suite".
Les 18 départements de la région Sud ouest ont tous voté "Non" en 2005
Le message principal du conseiller régional socialiste Max Lévita, est que les élections
peuvent permettre à la gauche européenne de prendre la majorité. "Les citoyens auront à choisir entre une Europe progressiste et une Europe conservatrice qui abandonne les citoyens aux mains
du marché". Plus tard, Pierre Laurent rappelera que les 47 députés du groupe de la gauche unie ont permis qu'il y ait un référendum en 2005 et révélé la directive Bolkenstein. "Si
on veut s'attaquer au libéralisme, il faut des députés qui ne lâcheront jamais contre le libéralisme".
Stephan Rossignol, maire UMP de la Grande-Motte prendle relais. Il met en avant les 800 millions d'Euros que la région recevra de l'Europe en cinq ans, se félicite de l'action de Nicolas Sarkozy pendant la présidence française. Et préviens contre le vote sanction. La salle se retient. René Revol (PG, candidat surla liste du Front de gauche) donne vie au débat. Il rappelle que les 18 départements de la région Sud Ouest ont tous voté "non" au Traité constitutionnel en 2005, que le "Traité de Lisbonne rédigé par Nicolas Sarkozy en est, sur beaucoup de points, une copie conforme'. Et fait remarquer que les onze députés sortants (UMP, Verts et PS) ont voté pour. "Vous avez déjà voté un texte qui vous interdit d'appliquer vos programmes", lance-t-il à ses contradicteurs.
David Hermet (NPA) rappelle que Nicolas Sarkozy proposait en 2007 qu'on introduise en France la méthode des subprimes qui ont entraîné la crise et demande des mesures de rupture : "revenir sur toutes les privatisations, exiger l'interdiction des licenciements". " Et l'union ?" crie quelqu'un. Mais c'est Sylvain Pastor (conseiller régional Vert) qui s'y colle. Il explique que les verts sont "naturellement européen et fédéralistes", et veulent "dépasser l'Etat nation". "Il ne faut pas en rester au clivage entre le oui et le non, notamment au sein de la gauche", dit-il à une salle qui trépigne. Pour lui, voter "oui" en 2005, c'était "se donner la chance de plier les politiques libérales" et il persiste à trouver des vertus au Traité de Lisbonne.
Il a sans doute fallu un certain courage à Stephan Rossignol pour lancer "le NPA a un discours du 19ème siècle, on ne peut pas interdire les licenciements vous le savez bien". La salle donne de la voix. Les inégalités sont plus grandes encore qu'au 19ème siècle lui répondra David Hermet. Et quand l'élu UMP avance comme une victoire la TVA à 5,5%, Max Lévita, applaudi, lui répond : "c'est une absurdité". "Dommage que nous ne soyons pas sur la même liste, dira encore rené revol à David Hermet. "Le Front de gauche pense qu'il peut encore redresser le PS, nous ne le pensons pas" rétorquera le responsable NPA.
Ce qui permettra à René Revol d'insister sur la dynamique unitaire du seul Front de gauche. Comme le feront ensuite pendant le meeting Jean-Luc Mélenchon (PG), tête de liste du front de gauche et cathy Daguerre (PCF) deuxième de liste du Front de gauche qui avait failli être élue en 2004. "Si le Front de gauche crée la surprise, on se dira, c'est de ce côté-là qu'il se passe quelque chose et je pense qu'on est en bonne voie" conclura Pierre Laurent.