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Municipales partielles : large victoire de la gauche à Carcassonne

Publié le par PcfBalaruc

Les communistes Henri Garino et Régis Trilles au côté du socialiste Jean-Claude Pérez

La liste de gauche (PS, PCF, PRG) conduite par le député socialiste Jean-Claude Pérez a largement battu ce dimanche avec 54,03% des suffrages  celle du maire sortant Gérard Larrat (UMP), dont l'élection avait été invalidée pour fraude. La gauche reconquiert la cité médiévale audoise qu'elle avait perdue il y a 26 ans.
A la tête d'une liste d'union PS-PCF-PRG soutenue au 2è tour par le MoDem (officiellement) et les Verts (implicitement), le député socialiste Jean-Claude Perez a totalisé 54,03% des voix, contre Gérard Larrat qui n'a rassemblé que 45,97 des suffrages, selon les résultats communiqués par la délégation spéciale. Vingt-six ans après, on y est. Je suis ravi et heureux. J'ai ce qui m'intéresse de plus, qu'on parle de Carcassonne en bien et pas en terme de fraude", a déclaré le député qui sera investi dimanche 20 septembre.
Le PS, hégémonique dans l'Aude, complète sa mainmise sur le département avec sa victoire à Carcassonne, ville de 45.000 habitants, après son succès en 2008 à la mairie de Narbonne, elle aussi longtemps administrée par la droite.
Jean-Claude Perez, 45 ans, élu député en 1997 à l'âge de 33 ans, a été conseiller municipal de Limoux (Aude, 1989-1995), puis de Carcassonne (2001-2009). Il est actuellement membre de la commission de la Défense nationale de l'Assemblée nationale.
  Après 26 ans de présence dans l'opposition, de lutte acharnée contre la droite locale, combat incarné notamment par le communiste Henry Garino qui n’a jamais relâché son effort depuis 1983 en tant que conseiller municipal, la gauche carcassonnaise gagne l’élection municipale. Depuis 2007, les responsables de la section du PCF, les militants et élus ont travaillé à la réalisation de cette dynamique dans un esprit ouvert et sur des contenus clairs… Ils ont mis toutes les chances de leurs côtés sachant la tâche difficile. " 54 % pour Carcassonne pour Tous, le contrat est rempli !" pouvait s’exclamer Régis Trilles, secrétaire de la fédération  communiste de l'Aude  au moment de l’annonce définitive des résultats.
Ce dimanche soir, du haut du balcon de sa permanence, boulevard Jean Jaurès, devant près de 2000 personnes, Jean-Claude Perez n’a pas manqué de reconnaître l’alchimie originale qui a permis cette victoire… "Ouverture et engagement clair sur des valeurs de gauche". Précisant sa pensée au tout début de son intervention en ces termes : "On m’a dit qu’avec les communistes on perdrait,  eh bien ici à Carcassonne avec les communistes nous avons gagné, sans eux, sans leurs militants nous n’aurions pas fait une campagne d’une telle ampleur !".
Il a également salué la présence de personnalités "au grand cœur" engagées sur la liste Carcassonne pour tous pour l’amour de leur ville et de l’ensemble des autres composantes (radicaux, occitans, écologie de gauche…).  Sur la place Carnot, où la victoire a été dignement fêtée, il y avait beaucoup d’émotion pour les nombreux militants, sympathisants et citoyens qui ont connu la majorité de gauche d’avant 1983. Une page se tourne à Carcassonne. Gageons que cette nouvelle majorité ouvre les chantiers d' une ville réconciliée avec son temps, ses habitants, et ses valeurs clairement de gauche ! souligne-t-on du côté des communistes.
"La gauche serait bien inspirée de s'ouvrir",
a déclaré Jean-Claude Perez avant de tomber dans les bras de ses co-listiers et de célébrer son succès. "La démarche de Jean-Claude Perez a été excellente, il a commencé par rassembler à gauche, dans la clarté. C'est un bel exemple de ce que le Parti socialiste doit faire", a souligné le député PS et président du conseil général du Gers, Philippe Martin.
Bien avant les résultats officiels, le maire sortant invalidé avait reconnu sa défaite. Amer, il a dénoncé à mots couverts le manque de loyauté dans les rangs de la droite. "Des élus de mon camp sont passés dans l'opposition. Il vaut mieux être unis", a-t-il conclu. Dans son local de campagne, des militants demandaient l'exclusion de l'UMP de sa présidente départementale, Isabelle Chésa, fille de l'ancien maire de Carcassonne Raymond Chésa, estimant qu'elle avait fait le jeu de Jean-Claude Perez en ne participant pas activement à la campagne en faveur de Gerard Larrat, après avoir échoué à obtenir l'investiture UMP.
Bastion de la gauche depuis la deuxième guerre mondiale, la ville était passée à droite en 1983, lorsque Raymond Chésa (RPR, puis UMP) avait bénéficié d'une division de la gauche. Il avait administré Carcassonne jusqu'à sa mort en 2005. Gérard Larrat, qui avait terminé son mandat, avait été élu en mars 2008 mais le Conseil d'Etat avait prononcé l'annulation du scrutin, estimant que des fausses procurations avaient pu altérer la sincérité du scrutin, l'avance de Gérard Larrat étant de 56 voix, un écart ramené ensuite à 40 voix.
"Ce ne sont pas Jean-Claude Perez et le PS qui ont gagné la ville ce soir, c'est Gérard Larrat qui leur a livrée clés en main", a commenté Mme Chésa, qui a déclaré prendre "la responsabilité de la bataille pour la reconquête" de la mairie.
En ce qui concerne les poursuites judiciaires liées à la fraude lors de l'élection de 2008, deux mise en examens pour manœuvre ayant altéré la sincérité du scrutin ont été prononcées, contre le chauffeur de Gérard Larrat et un commerçant. "On a peu parlé des fausses procurations de Carcassonne, alors que ce qui s'est passé est beaucoup plus grave que la fraude à la chaussette lors de l'élection à Perpignan", a confié à l'AFP un haut magistrat, faisant référence à l'élection du sénateur-maire UMP Jean-Paul Alduy, finalement reconduit après l'annulation du scrutin. 
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