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Hollande annonce l'engagement militaire de la France au Mali

Publié le par Daniel Sario

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L'offensive des islamistes radicaux vers le sud du pays a brusquement fait évoluer la position française sur le dossier malien. Lors de ses voeux aux diplomates, vendredi 11 janvier à l'Élysée, le président François Hollande a déclaré que la France était désormais "prête à s'engager aux côtés de ses partenaires africains pour arrêter l'offensive des terroristes".Par Benjamin Roger

Mali - carte de la situation politiqueL'appel du président intérimaire malien Dioncounda Traoré a été entendu par l'Élysée. Jeudi soir, après plusieurs heures de combats à l'arme lourde et la prise de Konna par les islamistes radicaux, l'hôte du palais de Koulouba a lancé un appel à l'aide à son partenaire français. Dans une lettre envoyée à François Hollande, il sollicite l'aide militaire rapide de la France pour contrer l'offensive des jihadistes vers le sud du pays, encore sous contrôle de Bamako. Vendredi matin, lors de ses voeux aux diplomates à l'Élysée, le président français a répondu favorablement à cette demande. D'après lui, la France et ses partenaires font face à «une agression caractérisée des terroristes» qui «cherchent à porter un coup fatal à l'existence même du Mali».
«La France répondra (...) strictement, dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, à la demande d'aide militaire des autorités maliennes face aux groupes islamistes armés», a poursuivi François Hollande. «C'est une exigence de solidarité et de responsabilité et la France sera donc au rendez-vous des résolutions du Conseil de sécurité et de la demande des autorités maliennes», a conclu le chef de l'État. Selon une source diplomatique, le président Dioncounda Traoré est par ailleurs attendu mercredi prochain à Paris pour rencontrer son homologue français.

Otages. D'après le quotidien Libération, la brusque détérioration de la situation au Mali a été évoquée vendredi matin, à l’Élysée, lors d’un Conseil restreint de défense réuni en urgence avant les voeux aux diplomates. Étaient réunis, autour du président François Hollande, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et celui de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Le probable engagement militaire de la France au Mali soulève aussi la délicate question des sept otages français actuellement détenus par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et ses alliés du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Fin décembre, Aqmi a accusé Paris de «bloquer les négociations». Le groupe terroriste a également toujours affirmé que la sécurité de ses otages ne serait plus assurée en cas d'intervention française au Nord-Mali. Le 3 janvier, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a affirmé aux familles que leurs proches étaient «en bonne santé» malgré des conditions de détention «très dures».

Pour le PCF l' intervention militaire française comporte de grands risques de guerre. Le PCF partage l'inquiétude des maliens devant l'offensive armée des groupes djihadistes vers le sud de leur pays. Ces groupes islamistes radicaux, avec leurs pratiques violentes, ont montré le danger qu'ils représentent pour la dignité humaine, pour les libertés, la justice et la stabilité du Mali et de toute la région.
Le PCF exprime une nouvelle fois son inquiétude devant la nouvelle et grave situation créée par la reprise de la confrontation armée au Mali. L' intervention militaire française comporte de grands risques de guerre et d'enlisement sans véritable solution durable pour le peuple malien et pour la reconstruction du pays. Cette intervention, suscite l'angoisse légitime des familles des otages car la vie de ceux-ci est sérieusement mise en danger. On sait d’ailleurs que Denis Allex, retenu en otage en Somalie, a été assassiné par ses "geôliers" suite à une opération de la DGSE dans la nuit de vendredi à samedi. Cela montre quels sont les périls dramatiques et les limites de ces opérations militaires.
Le PCF rappelle que la réponse à la demande d'aide du Président du Mali aurait du s'inscrire dans le cadre d'une mission de l'ONU et de l'Union africaine, réalisée sous drapeau de l'ONU, par des forces maliennes et africaines, dans le strict respect de la Charte des Nations-Unies, dans les limites imposées par l'exigence de la souveraineté malienne. La France, ancienne puissance coloniale, ne peut apparaître comme voulant poursuivre les pratiques dominatrices de la "françafrique". Cette intervention militaire n'efface pas la nécessité de la recherche d'une solution politique et d'un dialogue avec les groupes de la rébellion non liés au terrorisme et respectueux de l'intégrité territoriale du Mali. C'est ce que demandent les résolutions de l'ONU.
Le PCF demande que les autorités françaises répondent aux lourdes questions posées par une intervention militaire déclenchée sur décision du Président de la République et engagée sans débat préalable au Parlement.

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