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Municipales : le message à entendre

Publié le par Daniel Sario

Municipales : le message à entendre

Par Patrick Apel-Muller

Le taux d’abstention pour des élections municipales atteint un nouveau record, 35 % à l’échelle nationale, concernant plus de la moitié du nombre d’inscrits dans des cités populaires comme en banlieue parisienne. Désormais, la commune n’est plus épargnée par la montée des désenchantements. L’alarme avait été sonnée il y a six ans, sans que les gouvernants en tiennent compte. La majorité de la population vit plus mal et ne reçoit que le pire des milieux dirigeants. Trop de promesses trahies et d’espoirs déçus lui font douter de trouver dans une mobilisation politique le moyen d’être entendue. Cela confirme l’impératif d’un changement de cap pour que la démocratie ne se vide pas de sa substance, le besoin d’arrimer les projets de transformation à des revendications immédiates, de construire des mobilisations suffisamment majoritaires pour qu’elles enregistrent des succès et redonnent confiance à notre peuple en sa force collective. L’affaiblissement de la participation comme le recul des listes conduites par le Parti socialiste – de Marseille à Chalon-sur-Saône en passant par Niort – attestent une sanction nette à l’égard de la politique gouvernementale. François Hollande a, paraît-il, l’intention d’enjamber cette élection pour changer de gouvernement dans la première quinzaine d’avril. Mais pour quoi faire ? Continuer dans la même voie, poursuivre avec le pacte d’irresponsabilité, c’est le carambolage assuré.

L’électorat de droite s’est rendu aux urnes même si celle-ci ne suscite pas d’adhésion forte. Conservant la plupart de ses positions, elle peut l’emporter au second tour dans plusieurs dizaines de villes si l’électorat de gauche ne se mobilise pas, en dépit de sa déception à l’égard de la politique gouvernementale. La traduction en serait douloureuse pour les populations, qui verraient très vite leurs services publics de proximité amputés, les politiques sociales délaissées, les budgets culturels restreints, la démocratie participative oubliée. Pour se défendre, les électeurs ont besoin d’élus du Front de gauche, maires et conseillers municipaux.

La progression du Front national est sérieuse, même si rapportée à l’échelle nationale, elle reste limitée à 7 %. Ainsi, l’extrême droite est-elle en mesure de se maintenir dans des triangulaires plus nombreuses qu’en 2008, et de briguer la direction de plusieurs municipalités avec des scores inquiétants, après son élection à Hénin-Beaumont. Son sinistre bilan là où elle a sévi, dans des villes comme Toulon ou Vitrolles, son travail de sape contre tout ce qui fait le tissu social et les solidarités imposent de se réunir pour lui faire échec partout où il veut faire main basse sur des villes…

Les listes conduites par des communistes dans les municipalités où elles sont sortantes, en ce qui concerne les résultats qui nous sont parvenus avant 20 heures, semblent avoir recueilli de bons scores, avec des élections au premier tour comme à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), Martigues (Bouches-du-Rhône), Chalette (Loiret), Tarnos (Landes), Allonnes (Sarthe), Septèmes-les-Vallons (Bouches-du-Rhône), ou en sortant en tête des primaires qui leur avaient été imposées à gauche à Calais, Saint-Denis, Ivry, Vénissieux, Gisors, Corbeil, Gardanne, Aubervilliers ou Dieppe.

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