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Les insultes de Gattaz en disent long pour le cas où la loi travail serait adoptée

Publié le par Daniel Sario

Par Michel Guilloux

Les petites manœuvres de division décidées en haut lieu n’ont manifestement pas trop d’effet sur la détermination des salariés en mouvement. L’isolement du pouvoir s’entend aussi dans ce genre de propos : avec cette loi « qui sent le moisi (...) on a l’impression qu’ils ont fait les fonds de tiroir et ressorti de vieux machins dont on a la preuve que ça n’a aucun impact sur l’emploi ». C’est le futur président de la CFE-CGC qui le dit…

Mais l’escalade verbale à laquelle nous assistons depuis jeudi n’est pas que dépit face à un peuple, de grévistes et de leurs soutiens, debout. Elle éclaire à quelle rupture dans les règles du jeu social pourrait mener un projet qui irait sans encombre à terme : à l’heure d’un travail en miettes, une mise en concurrence sans précédent entre eux de salariés privés de garanties collectives ; et dans la foulée, une société déjà précarisée verrait alors s’ouvrir, couplée à l’austérité, la porte à un recul des droits sociaux et démocratiques que l’on n’imagine même pas.

Alors, entendre depuis plusieurs jours le mot « otage », à l’heure de Boko Haram, était déjà indécent. Mais hier, le porte-parole du CAC 40 a franchi un pas. Pierre Gattaz a usé du terme « terroristes ». Oser comparer la CGT aux tueurs qui ont semé la mort dans le pays l’an passé : c’est ignoble. Ce même mot résonne avec un écho d’autant plus sinistre qu’il fut celui employé à l’égard d’un Jean-Pierre Timbaud et de tant d’autres de ses camarades fusillés, torturés ou déportés. Leur combat, à ces hommes et à ces femmes, avait ouvert le Front populaire, voici quatre-vingts ans, et permis les avancées sociales de 1946 qui leur ont survécu. Jusqu’à l’offensive actuelle qu’incarnent ce projet de loi travail et l’obstination à le maintenir.

L’indécence des saillies du président du Medef est proportionnelle à l’appétit sans borne de ses mandants, qui rackettent les fonds publics du pays, étranglent la recherche et l’investissement, tuent l’emploi, à seule fin de l’accroissement sans fin de leurs dividendes. Cela aussi « sent le moisi ».

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